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Gabon : l’apurement de la dette intérieure se heurte au resserrement du crédit

Régis BOCO
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Gabon : l'apurement de la dette intérieure se heurte au resserrement du crédit
Gabon : l’apurement de la dette intérieure se heurte au resserrement du crédit

Le Gabon débloque des liquidités d’urgence pour oxygéner son tissu industriel en situation de surchauffe financière. Les autorités de Libreville ont officialisé le déblocage d’une enveloppe de 51 milliards de francs CFA. Ce pool de capitaux sert à solder les arriérés accumulés envers les opérateurs économiques privés. Le Trésor public alloue 21 milliards de francs CFA au règlement de 1 478 ordonnances de paiement restées en souffrance entre 2022 et 2026. Le solde de 30 milliards cible en priorité les entreprises des filières forêt-bois et extractives. Cette mesure cherche à restaurer les marges de manœuvre des PME pour relancer l’investissement local.

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Le déploiement de ces fonds intervient au moment où le financement bancaire classique s’essouffle sur le territoire national. L’encours global des crédits accordés au secteur privé stagne au niveau critique de 2 132,5 milliards de francs CFA. La progression des encours plafonne à 0,5 % au cours des deux derniers mois de l’exercice. Les banques commerciales de la place resserrent leurs critères d’octroi de prêts pour limiter les risques de défaut. Les statistiques de la BEAC confirment un recul net de 45,8 milliards de francs CFA des financements privés en début d’année.

L’encaissement des créances étatiques anciennes devient la seule source de survie pour les trésoreries. La position de l’État aggrave ce phénomène d’éviction sur le marché monétaire régional. Les créances nettes du système bancaire sur le secteur public culminent à 2 294,1 milliards de francs CFA. Ce volume dépasse les crédits bancaires distribués aux entreprises privées de l’archipel.

L’intensification des emprunts du Trésor public sur le marché régional

La pression sur les liquidités locales s’accentuera au cours du second semestre de la campagne budgétaire. La loi de finances rectificative porte le besoin de financement global à 915,6 milliards de francs CFA pour 2026. L’État devra lever 424,9 milliards de francs CFA sous forme de titres du Trésor sur le marché domestique. Les charges d’intérêts de la dette publique grimpent parallèlement pour atteindre le seuil de 487,6 milliards de francs CFA. Plus de 202 milliards de francs CFA de frais financiers concernent les seuls emprunts intérieurs. Cette demande massive de capitaux par le Trésor public réduit les marges de manœuvre des entrepreneurs ghanéens. Le remboursement de la dette souveraine intérieure reste un outil à double tranchant pour la croissance.

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Il offre un soulagement immédiat aux fournisseurs mais force l’ Etat gabonais à s’endetter davantage sur le même marché interbancaire. L’impact de cette injection dépendra de la reprise conjointe du crédit bancaire aux entreprises locales. Sans ce relais privé, l’initiative étatique restera une perfusion budgétaire temporaire sans effet durable sur l’activité économique globale.

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