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Les stratégies de la Russie pour s’emparer de l’Afrique ou les ressources d’une guerre hybride

Alafé Wakili
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Les stratégies de la Russie pour s'emparer de l'Afrique ou les ressources d'une guerre hybride
Les stratégies de la Russie pour s’emparer de l’Afrique ou les ressources d’une guerre hybride

Depuis une dizaine d’années, la Russie de Vladimir Poutine a fait son retour en Afrique. Milice Wagner hier, « Africa Corps » aujourd’hui, réseaux d’influence, offensive diplomatique, appétit pour les ressources minières : ce que Moscou déploie sur le continent ne se réduit pas à une conquête de marchés. Journaliste et directeur de publication à Abidjan, Wakili Alafé décrypte pour Afrique Sur 7 les ressorts d’une guerre hybride dont le Sahel est devenu le premier front et qui gagne désormais le Togo. Avec, en toile de fond, une question : que reste-t-il de la souveraineté des Etats africains ?

Afrique Sur 7 : Les puissances occidentales découvrent, avec retard, l’intérêt de Moscou pour l’Afrique. La Russie n’est-elle qu’un de ces « nouveaux amis » du continent qui, attirés par ses richesses naturelles, cherchent uniquement à s’emparer de marchés au détriment des anciennes puissances coloniales ?

Wakili Alafé : Le constat est évident : depuis une dizaine d’années, Moscou s’est imposé comme un nouveau partenaire du continent africain. L’erreur est de croire que la Russie découvre l’Afrique, que le continent est, pour elle, une terre inconnue. Historiquement, c’est l’URSS, allié majeur des mouvements de lutte contre le colonialisme, qui est présente en Afrique, fournissant des armes et formant des cadres politiques. Au lendemain des indépendances, de nombreux Etats africains adopteront le modèle de développement marxiste-léniniste que propose l’URSS, signant avec elle des accords de coopération. En 1991, l’effondrement de l’URSS fait que l’Afrique n’est plus un enjeu idéologique. La Russie post-communiste ne s’intéresse plus à l’Afrique et elle met un terme brutal à sa présence sur le continent.

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Afrique Sur 7 : Depuis son accession au pouvoir en 1999, Poutine s’est engagé dans une logique de guerre contre les puissances occidentales. Quels en sont les ressorts, et l’Afrique en fait-elle aujourd’hui partie ?

Wakili Alafé : L’imaginaire géopolitique de Poutine se construit à partir d’une histoire idéalisée, celle de l’URSS qui avait su créer un vaste empire. N’avait-il pas déclaré, en 2005, six ans après son arrivée au pouvoir, que la disparition de l’URSS constituait « la plus grande catastrophe géopolitique du XXe siècle », exprimant ainsi le traumatisme de la perte de puissance et d’influence de Moscou. Face aux deux empires qui cherchent à se partager le monde et à étendre leur zone d’influence, les États-Unis dominateurs et la Chine conquérante, il ne peut accepter l’affaiblissement de la Russie, un pays marginalisé sur la scène internationale, notamment face aux Occidentaux. Sa vision du monde se nourrit d’une volonté de revanche visant à restaurer l’influence de la Russie sur la scène internationale. Chronologiquement, Poutine s’engage dans une succession de guerres destinées à sécuriser son « étranger proche » : seconde guerre de Tchétchénie (1999-2000), guerre de Géorgie (août 2008), annexion de la Crimée et la guerre du Donbass (2014), intervention en Syrie (à partir de 2015), invasion à grande échelle de l’Ukraine (février 2022). Il est faux de croire que Poutine n’a pas le temps de s’intéresser à l’Afrique. Ce n’est que récemment que l’échec de certains gouvernements civils, qui n’ont pas réussi à tenir la promesse de sécurité, et les ressentiments à l’égard de la France, l’ancienne puissance coloniale qui soutient ces gouvernements, lui offrent l’opportunité de s’emparer de certains Etats dans la zone sahélienne. Poutine comprend que ces Etats qui se tournent ouvertement vers Moscou vont lui permettre de contourner l’isolement politique dans lequel l’Occident l’a enfermé. Sécuriser des contrats miniers ou énergétiques et étendre son influence militaire en vendant des armes aux Africains n’est pas suffisant. L’Afrique devient un enjeu géopolitique et diplomatique. Il s’agit d’en faire un levier dans sa guerre contre l’Occident. On voit que l’Afrique est aujourd’hui un front d’une importance cruciale dans la guerre globale que Poutine mène contre les puissances occidentales.

Afrique Sur 7 : Cette guerre que Poutine livre à l’Occident sur le sol africain est-elle une guerre frontale ?

Wakili Alafé : Il ne s’agit pas d’une guerre frontale, mais bien d’une guerre hybride dont les ressorts sont aujourd’hui largement documentés. Lorsqu’il s’empare de la Tchétchénie, un pays de son « étranger proche », c’est pour en faire un « bouclier protecteur » contre l’Union Européenne et l’OTAN, lorsqu’il soutient des régimes militaires au Mali, au Niger et au Burkina Faso, c’est pour faire de ces Etats des « parangons idéologiques » en Afrique, c’est-à-dire les modèles parfaits du modèle de développement alternatif que propose la Russie. Cette guerre hybride menée en Afrique a été développée de façon industrielle par la galaxie Wagner. Milice privée créée en 2014 par Evgueni Prigojine, Wagner mène à cette date des combats dans le Donbass tout en restant secrète. Prigojine comprend très vite tout l’intérêt que représente l’Afrique pour la galaxie Wagner, qui regroupe des sociétés de communication, des usines à trolls chargées de la désinformation et des mines d’or et de diamants. Prigojine va alors jouer sur trois tableaux : 1) il sert les intérêts de la Russie en Afrique sans impliquer le Kremlin 2) il s’engage dans la recherche de profits financiers, uniquement guidé par l’appât du gain au détriment des valeurs morales et humaines 3) il affiche une ambition politique démesurée, ce qui conduira à son élimination après qu’il a marché, le 24 juin 2023, sur Moscou. La guerre informationnelle et les outils d’influence forgés par Prigojine sont toujours utilisés par la Russie.

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Afrique Sur 7 : La mort de Prigojine et la disparition de Wagner marquent-elles un tournant dans cette conquête ?

Wakili Alafé : Elles marquent en effet un tournant, non pas dans les objectifs géopolitiques, géoéconomiques et géostratégiques qui restent les mêmes, non pas dans les méthodes fondées sur l’ingérence, mais dans la forme. Il n’est plus question pour la Russie d’avancer masquée ou de nier sa présence en Afrique. Wagner était une opération privée, aujourd’hui le Kremlin assume ouvertement sa présence en Afrique, une présence militaire avec l’« Africa Corps » directement contrôlé par le ministère russe de la Défense, une présence commerciale et culturelle avec la plateforme « African Initiative ». Cette présence se double d’une offensive diplomatique avec la multiplication des visites officielles sur le continent, l’organisation de sommets Russie-Afrique et un réseau dense d’agences de communication et d’influence, qui paient des journalistes et financent des influenceurs, en particulier au Sahel. La présence militaire est effective au Niger, au Mali et en Centrafrique.

Afrique Sur 7 : Au Niger précisément, le 29 août dernier, la junte a repris, avec l’appui de l’« Africa Corps », une base militaire tombée aux mains de mutins. Que révèle cette intervention ?

Wakili Alafé : Elle révèle le rôle réel de l’« Africa Corps ». Au Niger, la junte au pouvoir n’a repris cette importante base militaire, dont s’étaient emparés des mutins de l’armée nigérienne, qu’avec l’aide des militaires russes : l’opération du 29 août 2026 contre les mutins a été menée par les mercenaires de l’« Africa Corps ». Certains analystes considèrent que le rôle des militaires et des mercenaires russes, au Niger comme au Mali, est de permettre aux militaires de conserver le pouvoir. La priorité de Poutine n’est pas l’épanouissement de la démocratie ou le respect des droits humains, elle est de préserver les régimes autoritaires. On le voit en Tchétchénie, en Biélorussie, on le découvre au Mali, au Niger, au Burkina Faso.

Afrique Sur 7 : Préserver les régimes plutôt que combattre le terrorisme : le Mali confirme-t-il ce constat ?

Wakili Alafé : Au Mali, l’« Africa Corps » appuie militairement les opérations que conduisent les forces maliennes dans la région de Kidal. On sait que chaque combattant ou mercenaire russe coûte près de 10 000 dollars par mois à l’État malien. Depuis 2021, le Mali a versé plus d’un milliard de dollars aux mercenaires russes, un gouffre financier qui, dans un contexte de difficultés économiques, pèse lourdement sur les finances publiques maliennes. Pour quel résultat ? Tous les observateurs font le constat suivant : l’appui militaire de la Russie n’a pas permis d’enrayer la menace terroriste dans la région du Sahel. On constate, au contraire, une aggravation continue de la situation.

Afrique Sur 7 : Vous disiez que la Russie a changé de forme, mais pas d’objectifs. Quelle est aujourd’hui sa méthode ? Et que cherche-t-elle vraiment ?

Wakili Alafé : Le Mali est l’un des pays les plus emblématiques du réengagement amorcé ces dernières années par Moscou en Afrique subsaharienne. Si nous analysons les relations entre le Mali et la Russie moderne, on peut distinguer trois périodes : une première période caractérisée par une coopération de défense relancée au début des années 2000 sur les fondements de liens historiques établis à l’époque soviétique ; une deuxième période, à partir de 2021, marquée par l’arrivée de la milice privée Wagner, le Kremlin niant toute implication dans cette présence ; une troisième période, à partir d’août 2023, le passage d’une présence privée (Wagner) à une présence officielle de la Russie (« Africa Corps », « African Initiative »). Les stratégies d’influence, désormais officielles, se font plus discrètes et diversifiées avec un versant politique et un versant économique. Politiquement, Moscou s’appuie sur des réseaux civils (journalistes, influenceurs locaux, consultants politiques) et mène une guerre informationnelle que nourrit l’instrumentalisation d’un narratif anti-impérialiste et anticolonial qui séduit la rue africaine, les jeunes générations et l’opinion publique. Les marqueurs de cette guerre informationnelle sont les « usines à trolls » et les « fake news » diffusées de façon industrielle. En même temps, la Russie déploie une intense activité diplomatique dans trois directions : 1) à l’ONU, où Poutine cherche des voix « amies » africaines pour sortir de son isolement face à l’Occident et bloquer les résolutions qui condamnent son invasion de l’Ukraine. 2) Dans les relations bilatérales, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov multipliant les tournées stratégiques en Afrique. 3) Dans l’organisation de sommets Russie-Afrique. Au plan économique, au-delà de la vente d’armes, la Russie cherche à développer les échanges commerciaux avec l’Afrique, à sécuriser ses approvisionnements miniers et énergétiques et à accéder, de façon très privilégiée, comme au Mali ou en Centrafrique, à l’écosystème extractif (métaux précieux, or, diamants, pétrole). Sauver l’économie russe, briser l’isolement international de Moscou face aux puissances occidentales et chasser l’Occident du continent, telles sont les trois raisons qui expliquent l’intérêt que porte la Russie de Poutine à l’Afrique.

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Afrique Sur 7 : Les trois pays de l’AES (Mali, Burkina Faso, Niger) constituent la porte d’entrée de la Russie en Afrique. En existe-t-il d’autres ?

Wakili Alafé : La Russie tente de gagner en influence dans toute l’Afrique. On évoque le Togo devenu, en 2026, la destination des réseaux d’affaires plus ou moins opaques au service du Kremlin. Une association vient de se créer : « Alternative Russe Togolaise ». On retrouve toutes les composantes d’une guerre hybride dont le Togo est le nouvel épicentre pour contourner les sanctions occidentales et rompre l’isolement de Moscou sur la scène internationale. Le nouveau Prigojine russe est, au Togo, un homme d’affaires biélorusse, Alexander Zingman, présent depuis plus de dix ans en Afrique, notamment au Zimbabwe. En 2018, Alexander Zingman a été nommé Consul honoraire du Zimbabwe en Biélorussie, ce qui lui confère une couverture diplomatique bien utile. En choisissant de devenir l’une des portes d’entrée de la Russie en Afrique à travers des réseaux opaques, comme pouvaient l’être les réseaux à l’époque de la galaxie Wagner, le Togo met en danger sa propre souveraineté nationale dans des secteurs stratégiques. Alexander Zingman dirige plusieurs sociétés spécialisées dans la fourniture agricole, l’exploitation aurifère et l’exploration géologique. Autres secteurs stratégiques : la sécurité et l’information. A travers Alexander Zingman, les efforts militaires et informationnels du Kremlin s’intensifient au Togo depuis deux mois. On assiste aux déchargements de matériels militaires russes dans le port de Lomé, on constate, en parallèle, la création de l’association « Alternative Russe Togolaise » dont le rôle est le déploiement d’un soft power culturel et d’opérations d’information ciblées. Le modèle d’ingérence russe nous est donné par l’implantation de l’« Africa Corps » et de la plateforme « African Initiative » au Sahel. Si l’on décrypte les effets de cette implantation au Mali et au Niger, c’est une perte de souveraineté pour les pays africains.

Jusqu’à présent, l’activité d’Alexander Zingman se déroulait essentiellement au Zimbabwe et au Kenya. Sa présence au Togo montre qu’il participe désormais à la volonté du Kremlin de chasser la France de l’Afrique francophone. Prigojine avait réussi l’opération de déstabilisation de l’Afrique francophone au Mali, Zingman pourra-t-il réussir au Togo et à Madagascar, autre pays où on signale sa présence ? Un débat s’ouvre sur les bouleversements que connaît la géopolitique francophone en Afrique. Il n’est pas sûr que ces bouleversements au profit de la Russie offrent une garantie de souveraineté nationale dans des pays comme le Mali, le Niger, le Burkina Faso ou le Togo.

Afrique Sur 7 : En quoi cette présence russe menace-t-elle les souverainetés nationales ? Et faut-il pour autant refuser tout partenariat avec Moscou, alors que les pays africains commercent avec la Chine, les Etats-Unis ou l’Union Européenne ?

Wakili Alafé : Je ne dis pas qu’il faut refuser de nouer des partenariats militaires et commerciaux avec la Russie. Je pense même le contraire. La Russie doit être l’un des partenaires des Etats africains au même titre que la Chine, les Etats-Unis ou la France. Aujourd’hui, ce partenariat Russie-Afrique ne doit pas se construire sur la nostalgie des liens historiques qui ont pu lier l’URSS et les mouvements de lutte contre la colonisation. Ce qui m’inquiète, c’est que la Russie moderne propose de poursuivre la grande guerre contre la colonisation en imposant aux Etats africains un récit centré sur une souveraineté à conquérir contre l’Occident. Or, dans des domaines stratégiques comme la sécurité du territoire, la sécurité alimentaire et l’écosystème extractif aurifère au Mali ou du phosphate au Togo, la présence russe induit une menace pour les souverainetés nationales. On l’a vu au Niger le 29 août dernier. Au Mali, ce sont les militaires de l’« Africa Corps » qui décident de la conduite des opérations contre les groupes terroristes. Sur le plan de la souveraineté et de la sécurité alimentaires, est-il souhaitable que l’exploitation des terres arables soit confiée à des groupes étrangers ? Si l’on prend le cas du Togo, le commerce agricole entre le Togo et le Nigeria connaît une croissance stratégique majeure au sein de l’espace CEDEAO. Le Togo est en train de se positionner comme un pôle d’exportation dynamique vers le Nigeria. Comme tous les Etats africains, le Togo ne doit pas être dépossédé de son sol et de son sous-sol par des puissances étrangères. C’est une question de souveraineté nationale. Sur la question de l’information, – je suis journaliste et soucieux de l’existence d’une presse libre en Afrique –, la guerre informationnelle qui se déroule aujourd’hui en Afrique, notamment sur les réseaux sociaux saturés de « fake news » que fournissent des « usines à trolls », nourrit une propagande qui sert de levier idéologique pour imposer une vision du monde, un modèle de développement et une architecture sécuritaire qui ont montré, depuis 2020, leurs limites dans la zone sahélienne.

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Afrique Sur 7Au final, faut-il s’inquiéter de la présence russe en Afrique ?

Wakili Alafé : Ce qui m’inquiète, c’est que, pour Moscou, le continent africain est devenu un front de premier plan dans sa guerre hybride globale contre les puissances occidentales. Poutine veut entraîner les Etats africains dans sa guerre contre l’Occident. Pour cela, la première étape consiste à étendre son influence militaire en Afrique. C’est ce qu’il a fait au Mali, au Niger, au Burkina Faso, en Centrafrique, c’est ce qu’il est en train de faire au Togo. L’influence militaire s’accompagne très vite, on l’a vu avec la galaxie Wagner, d’une appropriation des richesses naturelles du pays. La stratégie de la Russie en Afrique repose sur une approche hybride de prédation politique, militaire et économique. Ce n’est rien d’autre qu’une forme moderne de colonisation que masque la valorisation de l’image de Moscou à travers un narratif anti-occidental qui devient plus spécifiquement anti-français au Sahel. L’alignement géopolitique sur Moscou représente un piège pour l’Afrique, au même titre que les alignements inconditionnels sur Pékin et Washington. Historiquement, le refus de l’alignement inconditionnel est le principe fondateur du « Mouvement des non-alignés » qui, lors de la Conférence de Belgrade en 1961, voit les pays nouvellement indépendants rejeter la tutelle des États-Unis et de l’URSS pendant la période de la « Guerre froide ». L’Afrique moderne est confrontée au même défi : le refus de l’alignement inconditionnel. Dans un monde idéal, ce refus est évident. Mais dans le monde réel, les intérêts économiques divergents, les pentes idéologiques différentes et les urgences nationales des Etats africains, de plus en plus soumis à l’influence des réseaux opaques et sous la pression de la rue africaine, font qu’il est difficile de se soustraire à l’influence des puissances étrangères. L’Afrique est-elle condamnée à toujours porter ce lourd fardeau de l’Histoire qui voit notre continent subir les choix et les valeurs que voudraient lui imposer les trois empires modernes qui cherchent à étendre leur influence sur le monde, la Chine, les Etats-Unis et la Russie ? Je ne le crois pas. Le combat de la souveraineté est, pour les Etats africains, le combat qu’ils doivent conduire dès à présent, sans tomber dans les pièges d’une souveraineté factice que propagent les discours d’estrade. Toute présence d’une puissance étrangère en Afrique doit nous inquiéter, si cette présence constitue un frein à l’expression d’une souveraineté pleine et entière. L’Afrique ne peut pas avancer seule, elle doit s’inscrire dans les mécanismes des relations internationales et parler à tout le monde en veillant à signer des partenariats gagnant-gagnant qui vont de pair avec la souveraineté nationale. La souveraineté se définit ainsi : un pays, qui est en droit de choisir ses alliés et ses partenaires commerciaux, doit veiller à se projeter hors de toute domination ou dépendance subie. L’aspiration à la souveraineté s’impose aujourd’hui dans toutes les sociétés africaines comme une dynamique géopolitique, économique et culturelle majeure. L’Afrique voit s’exprimer une souveraineté de rupture menée par des régimes autoritaires et une souveraineté construite démocratiquement par des gouvernements civils. L’impatience de la rue africaine et des jeunes générations peut conduire au choix d’une souveraineté de rupture qui rend légitimes les coups d’Etat militaires. La souveraineté populaire est alors confisquée par des régimes autoritaires qui s’installent durablement au pouvoir. L’Histoire de l’Afrique, au lendemain des indépendances, montre le danger que représente la militarisation du pouvoir.

Rédigé par

Alafé Wakili

<!-- wp:image {"id":146637,"sizeSlug":"jnews-120x86","linkDestination":"none","className":"is-style-rounded"} --> Alafé Wakili est un journaliste chevronné, patron d’agence de presse et fondateur de L’Intelligent d’Abidjan, lintelligent.tv et Afrikipresse. Visionnaire des médias, il allie rigueur et innovation pour offrir une information crédible et percutante en Côte d’Ivoire et au-delà. Analyste de l’actualité, il partage des points de vue éclairés sur différents plateaux TV et sur www.afrique-sur7.fr. Retrouvez toutes ses analyses sur votre site d’actualité et sur les différentes plateformes de L’Intelligent.<!-- /wp:image -->

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