Le Niger s’allie à un homme d’affaires kenyan controversé pour sa première raffinerie d’or

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Le Niger s’engage dans un projet d’envergure en s’associant avec l’homme d’affaires kenyan Kamlesh Pattni. Cette collaboration vise à établir la première raffinerie d’or et une usine de fabrication de bijoux dans le pays. Cependant, ce choix de partenaire soulève de vives critiques et des inquiétudes quant à la réputation internationale du Niger.

Un partenaire au passé sulfureux

Le gouvernement nigérien a officialisé, mercredi 23 avril, un accord de partenariat avec la société Suvarna Royal Gold Trading, dirigée par Kamlesh Pattni. L’objectif principal de cette collaboration est l’ouverture d’une raffinerie d’or, une initiative présentée par le ministre des Mines comme une « révolution structurelle » bénéficiant aux Nigériens en valorisant leur filière aurifère. Néanmoins, cette décision suscite une vague d’indignation et des interrogations sérieuses quant à la crédibilité du Niger sur la scène internationale.

Kamlesh Pattni traîne derrière lui une réputation entachée par des affaires douteuses. Récemment, en décembre dernier, il a été sanctionné par les États-Unis et le Royaume-Uni pour son implication présumée dans un commerce illicite d’or au Zimbabwe. Selon le département américain du Trésor, son système frauduleux « a privé les citoyens zimbabwéens du bénéfice de [cette ressource naturelle], tout en enrichissant des fonctionnaires corrompus et des criminels ».

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Avant cela, au Kenya, dans les années 1990, Kamlesh Pattni a été au cœur du scandale Goldenberg. Cette affaire concernait un détournement massif de fonds publics par le biais d’incitations frauduleuses à l’exportation d’or et de diamants, ce qui l’avait contraint à quitter le pays. Bien que Nairobi ait finalement abandonné les charges retenues contre lui, son passé sulfureux continue de jeter une ombre sur ce nouveau partenariat nigérien.

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L’annonce de cette association a provoqué des réactions mitigées au Niger. Si le gouvernement met en avant les retombées économiques positives attendues de cette raffinerie, notamment en termes de création d’emplois et de revenus pour le pays, de nombreux observateurs expriment leur scepticisme. Ils soulignent les risques potentiels pour l’image du Niger de s’allier avec une figure aussi controversée.

Des voix s’élèvent pour demander une plus grande transparence autour de cet accord et appellent les autorités à la prudence. Elles craignent que ce partenariat ne nuise aux efforts de Niamey pour attirer des investissements étrangers fiables et renforcer sa position sur la scène internationale. L’avenir de cette co-entreprise et son impact réel sur l’économie nigérienne restent donc à suivre de près.


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