Pedro Sánchez convoque des législatives, la régularisation en jeu
Pedro Sánchez remet son mandat en jeu. Lundi 5 octobre, le chef du gouvernement espagnol a convoqué des élections anticipées en Espagne pour le 29 novembre, après le rejet de ses mesures sur le logement. Les sondages donnent l’avantage à la droite et à Vox, opposés à la régularisation des migrants lancée cette année.
L’annonce est tombée lors d’une allocution télévisée. Le Congrès des députés venait de refuser le paquet logement du gouvernement, qui prévoyait d’interdire jusqu’en 2030 l’expulsion des locataires vulnérables, de prolonger de deux ans le gel des loyers sur les baux en cours et de durcir les règles des locations de courte durée. Ces propositions répondaient à une vague de manifestations, nourrie en septembre par l’expulsion d’une locataire de 87 ans à Madrid.
« Nous devons renouveler le soutien de la population », a lancé Pedro Sánchez, au pouvoir depuis 2018. Il a reconnu des erreurs et des promesses non tenues.
Pourquoi Pedro Sánchez prend-il un tel risque ?
Son gouvernement n’a pas la majorité au Congrès et n’a plus fait voter de budget depuis 2023. Le Parti socialiste oscille entre 26 % et 31 % d’intentions de vote depuis le début du mandat. Les mesures sur le logement lui avaient offert un léger regain, que le chef du gouvernement espère transformer dans les urnes.
Les enquêtes d’opinion dessinent pourtant un autre scénario, celui d’une coalition menée par le Parti populaire avec le soutien de Vox. Ce serait la première entrée de l’extrême droite au gouvernement depuis la mort de Franco en 1975. Le PP a réagi sur X d’un seul mot en capitales, « ENFIN ». Santiago Abascal, le chef de Vox, se montre prudent et rappelle que les sondages annonçaient déjà la défaite des socialistes en 2023.
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Élections anticipées en Espagne : ce que regarde la diaspora africaine
Sur l’immigration, Pedro Sánchez a pris le contre-pied de nombreux voisins européens. Il présente les arrivées étrangères comme indispensables pour combler les pénuries de main-d’œuvre et soutenir le système social. Son gouvernement a ouvert le 16 avril une régularisation extraordinaire des sans-papiers déjà installés et au travail en Espagne. Au 30 juin, date de clôture, environ 1,2 million de demandes avaient été déposées, bien au-delà des 500 000 bénéficiaires prévus, d’après Euronews.
Le PP et Vox ont combattu cette mesure, qu’ils accusent de créer un appel d’air et de surcharger les services publics. La Cour suprême espagnole examine de son côté la conformité du décret au droit européen. Pour les nombreux ressortissants d’Afrique de l’Ouest et du Maghreb installés en Espagne, le scrutin du 29 novembre pèsera directement sur la suite de ce dossier.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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