Sahel : pourquoi l’ADS veut s’imposer aux régimes militaires
La naissance de l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS) bouscule les cartes au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Ce mouvement porté par Malick Konaté se positionne comme un rempart face à la montée des régimes militaires dont les méthodes s’éloignent des principes démocratiques. L’ADS se fixe comme objectif principal de restaurer l’État de droit et la démocratie dans une région dirigée par des militaires qui ont pris le pouvoir par des armes. D’ailleurs, la naissance de l’ADS intervient quelques jours après les fracassantes déclarations du capitaine Ibrahim Traoré, qui affirme que son pays a définitivement tourné le dos à la démocratie.
ADS : la riposte civile contre les régimes militaires du Sahel ?
Le projet porte la signature d’acteurs de la société civile issus principalement du Mali, du Burkina Faso et du Niger. L’Alliance des Démocrates du Sahel est née dans un contexte où la démocratie vit des heures difficiles dans cette région aux mains de régimes militaires. Selon le communiqué de naissance diffusé sur les réseaux le mardi 7 avril 2026, l’objectif est bien défini. L’ADS veut proposer une nouvelle voix alternative. Une sorte de résistance face à la disparition progressive des principes démocratiques.
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L’Alliance des Démocrates du Sahel défend un manifeste qui s’articule autour de cinq piliers stratégiques :
- Engager une lutte pacifique et déterminée pour le retour des libertés fondamentales et le respect de la souveraineté populaire.
- S’opposer à l’autoritarisme en refusant la militarisation de la politique et toute forme de pouvoir exercé sans consentement démocratique.
- Promouvoir des solutions inclusives pour sortir le Sahel de l’impasse actuelle, causée par l’inefficacité et l’amateurisme des régimes militaires.
- Promouvoir et défendre les droits civils et politiques des citoyens sahéliens.
- Bâtir des ponts avec les organisations et institutions mondiales partageant notre vision d’un Sahel libre et démocratique.
L’ADS en réponse aux déclarations d’Ibrahim Traoré
Il est connu que les autorités militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger ont opté pour un modèle qui brise les normes démocratiques. Ce choix, notamment au Burkina Faso, a été conforté par une récente déclaration d’Ibrahim Traoré. Il a demandé aux Burkinabè d’oublier la démocratie. « Les gens doivent oublier la question de la démocratie. La démocratie n’est pas pour nous ». Il prône la Révolution progressiste populaire (RPP).
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C’est à la suite de cette déclaration qui fait polémique que l’ADS voit le jour. Coïncidence ou timing bien calculé ? Dans tous les cas, le capitaine Traoré et l’ADS défendent deux idéaux qui s’opposent.
L’Alliance des Démocrates du Sahel est montée en puissance dès sa naissance. Elle active la diaspora et les relais internationaux pour créer l’unanimité autour de l’initiative. Des soutiens fusent de toute part, mais pourra-t-elle tenir dans le temps face à l’intransigeance des militaires au pouvoir ?
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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