Lobognon et Trazéré vont pousser Henri Konan Bédié en prison

Henri Konan Bédié continue d’être la cible de vives critiques
Par David Yala
Publié le 11 juin 2019 à 14:11 | mis à jour le 11 juin 2019 à 14:11

Henri Konan Bédié continue d’être la cible de vives critiques de la part des responsables du parti au pouvoir, RHDP.

Rappel des propos d’Henri Konan Bédié

Les propos d’Henri Konan Bédié tenus récemment devant des militants de son parti, en provenance de la commune de Koumassi chez lui à Daoukro, le mercredi 5 juin 2019, suscitent des réactions. «Il faut que nous réagissions pour que les Ivoiriens ne soient pas étrangers chez eux, car actuellement on fait en sorte que l’Ivoirien soit étranger chez lui. Mais les Ivoiriens n’accepteront jamais cela (…) On fait venir des étrangers armés qui sont stationnés maintenant dans beaucoup de villages (…) Il faut simplement que nous soyons conscients, car le moment venu, nous agirons, pour empêcher ce hold-up sur la Côte d’Ivoire ». Tels sont quelques extraits des propos tenus par le président du parti démocratique de Côte d’Ivoire ( Pdci-Rda), et qui ont fait l’objet d’une condamnation officielle par le gouvernement dans un communiqué. Au moment où les députés Olibé Trazeré et Alain Lobognon, deux parlementaires proches de Guillaume Soro, eux, dénoncent une réaction sélective du pouvoir Ouatara. Dans cet entretien ci-dessous, Abel Djohoré, Député d’Ouragahio-Bayota, dit sa part de vérité.

« Bédié est assez âgé pour comprendre la gravité de l’appel à la haine », prévient Abel Djohoré

Qu’est-ce qui peut bien motiver ces propos du président Bédié, qualifiés d’irresponsables et xénophobes par la direction de votre parti, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), et qui soulèvent de vives réactions de l’opposition ?

Les gens sont dans une logique de démagogie, dans une logique populiste, avec en point de mire les élections de 2020. Donc pour eux, il faut intervenir, il faut parler, il faut faire des sorties pour attirer ou avoir la sympathie d’une partie des populations de la Côte d’Ivoire. C’est cela leur objectif. Alors j’ai lu avec stupéfaction la sortie du président Bédié. Un ancien chef d’Etat qui sait comment le pouvoir se gère, et qui tient des propos totalement irresponsables, qui mettent en mal les combinaisons des populations, qui composent une nation. Tenir des propos de replis identitaires, des propos xénophobes, qui suscitent la haine dans le cœur des ivoiriens contre les étrangers, c’est totalement abject. Ce qui est étrange, le président Bédié est assez âgé pour comprendre la gravité de l’appel à la haine. Normalement, dans notre éducation traditionnelle, on est appelé à prendre conseils auprès de ces genres de personnes. Parce que chez nous, la vieillesse est synonyme de sagesse. Mais nous commençons à nous rendre compte que c’est totalement le contraire. Le président Bédié n’a pas tiré de leçons de la crise ivoiritaire, qui a créé la désacralisation du tissu social, avec son corollaire de dislocation de l’unité nationale, qui a plongé la Côte d’Ivoire dans la guerre. Il n’a pas tiré les leçons. Et c’est pour cela, qu’il recommence.

Que vous inspire le communiqué du gouvernement, assorti de mise en garde contre le président Bédié ?

Mais il n’y a pas d’âge limite pour répondre de ses actes. Si Bédié enfreint les lois de la république, il doit répondre devant la justice. S’il tient des propos xénophobes, interdits par nos lois, mais il va subir la rigueur de la loi. La Côte d’Ivoire est gouvernée. Bédié n’est pas le président de la république de Côte d’Ivoire. Bédié n’est pas le garant des institutions de la république de Côte d’Ivoire. Bédié est certes un ancien chef d’Etat, à qui la république donne des droits et des privilèges, mais ceux-ci ne représentent pas un parapluie atomique. Il n’y a pas d’âge limite pour aller en prison. Quand tu es octogénaire, et que tu agis comme un gamin de 25 ans, on doit te traiter comme tel. Par conséquent, la société est obligée de te recadrer.

Quels commentaires faites-vous des sorties de l’opposition, notamment celles des Députés Olibé Trazéré et Alain Lobognon, des proches de Soro Guillaume et d’anciens camarades à vous, qui dénoncent une réaction sélective du gouvernement ?

Vous savez, Lobognon, Trazéré et consorts, s’ils ne sont pas inconscients, ils sont simplement suicidaires. Ils vont pousser le vieux là à faire n’importe quoi, et puis il va aller en prison. Vous savez, leur clique, à un moment donné, ils se sont mis à insulter le président Ouattara sur tous les toits, et ceux qui ont été pris en flagrant délit de fait, ont été sanctionnés. Ils ont crié partout, et puis, rien ne s’est passé. Le cas Soul To Sou est patent. On a entendu les gens dirent, Soul, on ne te fera rien, Soul, si tu es arrêté, on va voir. Soul To Soul a été attrapé et mis en prison. Et puis, il s’est passé quoi ? Rien. C’est la grâce et la magnanimité du président Ouattara qui a fait sortir Soul de prison. Lobognon lui-même, en a payé les frais de son arrogance. Lui, qui se croyait si intouchable, a payé les frais de ses dérapages et sa défiance à l’autorité de l’Etat. Et il a séjourné en prison. Il s’est passé quoi ? Rien. Donc, nous disons qu’ils gagneront à prendre la juste mesure de leur existence, pour savoir les limites à ne pas franchir. Parce qu’on est dans une république, qui est régie par des lois.

A votre avis, le président Bédié en sa qualité de chef de parti politique, devrait s’en tenir à quelle ligne de conduite ?

Le président Bédié n’a pas le rôle de dresser les ivoiriens les uns contre les autres, ni contre les étrangers. Ce n’est pas ce rôle là, qu’on attend de lui. On l’attend dans le rôle du sage. Comme on le dit chez nous au village, quand les enfants finissent de gâter, c’est toi, le sage qui le répare. Or, dans le cas d’espèce, nous nous rendons compte qu’avec le président Bédié, c’est le sage qui gâte. Avec le président Bédié, les cheveux blancs ne sont pas synonymes de sagesse. L’âge n’est pas synonyme de sagesse. En tout cas, c’est la leçon que nous tirons. Le président Bédié nous démontre chaque jour, que l’âge c’est seulement que des chiffres. Chacun de nous doit faire la lecture des évènements. Chacun de nous sait d’où nous venons. Chacun de nous sait où nous voulons aller.

Avez-vous un appel à lancer relativement à cette affaire?

La Côte d’ivoire était dans un état de délabrement social, politique, j’allais même dire, que la Côte d’Ivoire était en état de putréfaction. Et le chemin que nous avons parcouru, depuis que le Président Ouattara est aux commandes, est exceptionnel. Avec l’avènement du président Ouattara aux affaires, nous forçons le respect et l’admiration dans le concert des nations. Et cela nous procure une fierté légitime, le message que j’aimerais passer aux uns et aux autres, c’est qu’il ne faut pas se laisser manipuler. Avec Sercom



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