CEI: Clash à l'horizon autour de la succession de Youssouf Bakayoko

CEI: La succession de Youssouf Bakayoko pose problème
Par David Yala
Publié le 27 septembre 2019 à 19:43 | mis à jour le 27 septembre 2019 à 20:06

Les nouveaux membres de la Commission électorale indépendante (CEI) sont connus depuis le mercredi dernier. 15 personnalités ont en effet été nommées pour conduire le processus électoral à venir.

Un proche de Ouattara pour remplacer Youssouf Bakayoko à la présidence de la CEI?

Instrument crucial dans l’organisation des élections, la CEI ne finira pas de diviser pouvoir et opposition. Depuis l’adoption de la loi sur la nouvelle Commission électorale indépendante à la nomination aujourd’hui des membres de cette commission, la tension ne fait que monter. Lundi 2 septembre 2019, au terme d'une séance de travail avec le Ministre d’Etat Hamed Bakayoko, Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI, confiait avoir trouvé un accord avec le gouvernement ivoirien au sujet de la participation de son parti à la nouvelle CEI.

Lequel accord portait sur la désignation d'un président "consensuel" pour la nouvelle CEI et la possibilité de donner une place de choix à l'opposition dans le nouveau bureau de l'institution. «Le nouveau président de la CEI devrait être choisi en concertation avec l’opposition de manière à ce que ce soit une personnalité non marquée politiquement et ensuite que l’opposition puisse bénéficier d’un poste de vice-président dans le bureau et également que ce schéma soit reconduit au niveau des commissions locales », avait-il lâché à la presse.

Malgré l’insistance de l’opposition significative composée du PDCI et du FPI de Laurent Gbagbo à ouvrir de nouvelles discussions afin de mettre en place une CEI conforme à l’Arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples, le régime dirigé par le Président Alassane Ouattara a procédé à la nomination des 15 nouveaux membres de celle institution, mercredi 25 septembre 2019.

« Il n'y aura pas de retour en arrière sur la question de la CEI. La nouvelle commission, j'espère, prendra fonction dès la semaine prochaine et commencera à travailler sur les élections de 2020 », a prévenu, ce vendredi, le chef de l'Etat Alassane Ouattara actuellement en tournée dans la région du N’Zi à l’intérieur du pays. Après le rejet de la nouvelle composition de la CEI, l’opposition devra faire face à un autre front.

Pis, des sources confient que le pouvoir manœuvrerait pour porter à la tête de la CEI, un homme acquis à sa cause en la personne du magistrat Coulibaly Kuibert. Ce juge hors hiérarchie, nommé pour le compte du Conseil supérieur de la magistrature, se trouve être non seulement le Secrétaire Général du Conseil Constitutionnel mais aussi et surtout l'homme de main de l’actuel président du Conseil constitutionnel, Koné Mamadou. Alors question. Comment peut-on être juge et arbitre en même temps surtout que Coulibaly Kuibert est le secrétaire général de l’institution chargée de valider les résultats de l’élection présidentielle.

« Il apparait clairement que Coulibaly Kuibert, même si sa compétente n’est pas mise en cause, son indépendance l’est. Comment pourrait-il s’affranchir du devoir de gratitude vis-à-vis de son mentor et bienfaiteur ? Les signaux inclinent à dire que ce n’est pas possible. Ainsi, le conseil constitutionnel et la CEI seront toutes les deux aux mains du Rhdp. On comprend alors nettement la thèse ‘’tout est bouclé et géré’’ », se désole un observateur.


Si Coulibaly Kuibert est désigné ou élu (c'est selon) Président de la nouvelle CEI, l'opposition et la société civile se trouveraient ainsi roulées dans la farine. Salimata Porquet, elle, ayant été reconnue comme membre du Comité des sages du PDCI (parti d'Henri Konan Bédié), Mme Yoli Bi Marguérite, Adjoumani pierre et Julien Gauze; ces trois ''miraculés" de la société civile, pourraient être mis en minorité en dépit de leurs expertises.

«Le pouvoir avait l’occasion de montrer pour une fois, sa bonne foi, en laissant le jeu se faire. Ce n’est pas le cas. Il a son homme qui va passer. Sans parrain politique, quelle que soit leur expertise en matière électorale ici et ailleurs, aucun représentant de la société civile qui apporte un gage de crédibilité, d’indépendance, n’a de chance d’être élu », dénonce notre source.