Retour de Guillaume Soro: Les frasques d'un enfant ''gâté'' de Ouattara

Guillaume Soro et son clan
Par Patrice Dama
Publié le 20 décembre 2019 à 15:43 | mis à jour le 20 décembre 2019 à 15:46

Guillaume Soro, l’ancien leader de la Fesci et ex-Président de l’ Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, rentre le 23 décembre de son tour d’Europe. Pour ce faire, ses proches ont animé une deuxième conférence de presse pour dire aux Ivoiriens pourquoi cette arrivée annoncée de longue date de leur leader ne se tiendra pas le 22 initialement prévu. C’est entre ironie et réaction irascible que Patrice Dama prend la plume, sans la mouche toutefois…

Guillaume Soro, le show autour de son retour en Côte d'Ivoire

Voilà les amis, un enfant a beau monter très haut dans un arbre, il finit toujours par en redescendre. C’est cela le pouvoir de l'attraction. Guillaume Soro a beau faire le tour du monde où il a multiplié des « crush parties » qui rassemblaient de moins en moins de personnes, il est temps pour lui de rentrer au bercail. Il ne pouvait de toute façon pas s’offrir la galère de caler en Europe comme beaucoup d’entre nous qui n'avons plus aucune confiance dans nos politiciens. Sauf qu’autour de ce retour de « Bébéto » à Abidjan, ses proches en font des tonnes et tout cela laisse place à une comédie mal préparée.

On sait par exemple que le Président français Emmanuel Macron arrivera en Côte d’Ivoire le vendredi 20 décembre pour repartir le dimanche 22 du même mois. C’est dire que les autorités ivoiriennes, les populations et le monde, enfin les personnes qui s’intéressent à ce que fait le Président français, auront les yeux rivés sur la Côte d’Ivoire. C’est fort curieusement cette période que choisit pourtant Guillaume Soro pour rentrer en Côte d’Ivoire, son pays. Monsieur ne veut en plus pas rentrer dans son propre pays comme tout le monde.

Il veut rentrer en fanfare et tambour battant, et on se demande bien dans quel but. L’ancien chef rebelle n’a pas quitté le pays pour raison médicale. Il n’est plus Président de l’ Assemblée nationale et donc il n’est pas en mission pour l'intérêt national, mais il veut, pour son retour, que le ministère de la Sécurité déploie un cordon de sécurité. Visiblement, l’esprit du citoyen lambda qu’il est devenu depuis son éviction du perchoir n’habite pas encore assez son corps. La preuve, il voudrait que le contribuable ivoirien paie de sa poche ce caprice qu’il veut s’offrir.

Pourquoi le gouvernement accède-t-il aux demandes extravagantes de Soro ?

Il s’est trouvé des personnes au ministère pour valider une telle idée du déploiement d’un dispositif de sécurité autour de ce retour. Et l’on voudrait en plus faire croire aux Ivoiriens que Guillaume Soro est en discorde avec le régime Ouattara. Le Président ivoirien n’accorde pourtant jamais ces même égards à Mamadou Koulibaly, pourtant lui aussi ancien PAN.

Affi N’Guessan, l’opposant très modéré à son régime, est un ancien Premier ministre de la République de Côte d’Ivoire qui ne bénéficie pas non plus d’un encadrement de cette envergure à chacun de ses retours à Abidjan. Qu’est-ce que Guillaume Soro a-t-il de particulier et plus que ces deux personnalités pour faire encadrer son retour en Côte d’Ivoire de mesures de sécurité exceptionnelles ?

Quand l'amant refuse de retourner dans son village...

Chez nous au village, les vieux aiment dire que c’est lorsqu’un amant ne veut pas rentrer dans son village qu’il trouve qu’il fait déjà nuit. Si Guillaume Soro veut vraiment revenir à Abidjan, il le fait comme tout le monde. Il a cependant le loisir de prévenir ses proches pour bénéficier de l’accueil exceptionnel qui semble le faire rêver. Il aurait en tout cas dû éviter de déranger les autorités ivoiriennes avec des demandes fantaisistes.

Ses proches annoncent qu’il rentre finalement le 23 décembre prochain sur le coup de 13h par un vol privé. Les Ivoiriens ont donc déjà l’occasion de voir les folies de grandeur de l’homme qui veut les gouverner. Il n’est pas encore président qu’il est déjà budgétivore. Allez imaginer ce qu’il fera s’il arrivait à succéder à Alassane Ouattara. Peut-être qu’il voyagera avec deux avions. Lui d’un côté et ses affaires de l’autre…

Rencontres Soro-Ivoiriens d'Europe, que de rendez-vous manqués

Outre cette histoire du retour du Président Guillaume Soro en Côte d’Ivoire, retour qui ne passionne personne d’autre que ses militants, on a envie de s’intéresser aux raisons qui l’ont conduit hors du pays. Quelles étaient les objectifs visés avec ses « crush parties » ? Il semblerait qu’il soit allé écouter les Ivoiriens de la Diaspora alors qu’il avait là une occasion en or de dire à ces frères lointains ses ambitions pour la Côte d’Ivoire et par quels moyens il compte développer ce pays. C’est dans quelques mois qu’il dit vouloir rendre public son projet de société que nous attendons tous.


Donc en clair, le monsieur est allé se balader en Europe et il voudrait que pour son retour la nation ivoirienne se serre un peu plus la ceinture pour accéder à ses caprices. Comme le disent beaucoup d’internautes, il cherche juste une occasion de faire croire que son retour en Côte d’Ivoire a été empêché en cas de refus de ces dispositions particulières qu’il sollicite. Idem si le refus de survol d’ Abidjan par l’appareil privé qu’il va affréter, est prononcé.

Et si Guillaume Soro s'inspirait des politiciens de Singapour ?

Juste pour exemple, Singapour est une cité-État insulaire d’une superficie de 719,2 km2, donc 448,36 fois plus petite que la Côte d’Ivoire qui totalise 322 462 km2. Ce pays, avec très peu de ressources naturelles et des problèmes socio-économiques importants, a pu se hisser dans le cercle très fermé des pays les plus développés et les plus prospères du monde, en termes d'économie, d'éducation, de santé, de sécurité et d'urbanisme. Ce pays qui a indiscutablement une chance que n’a pas la Côte d’Ivoire, a des dirigeants visionnaires.

Guillaume Soro qui prétend vouloir gouverner autrement aurait pu expliquer au premier Ivoirien rencontré dans le moindre recoin de la terre comment il va procéder pour rendre prospère notre pays. Au lieu de cela, c'est plutôt un culte de la personnalité et des choses puériles qui sont servis. Au GPS, personne ne propose des solutions concrètes aux problèmes des citoyens.

Tout le monde ou presque, dans l'opposition politique ivoirienne, se focalise très souvent sur les petites phrases à adresser au RHDP mais jamais dans les offres pour rehausser le niveau du debat politique. Ne dit-on pas que les peuples ont les dirigeants qu'ils méritent?