Abidjan Border Forum 2026 : la Convention de Niamey relancée
Ce n’est pas aux États que la Déclaration d’Abidjan adresse sa première demande, mais à l’Union africaine. Réunis jusqu’au jeudi 22 octobre 2026 au Parc des Expositions de Port-Bouët pour l’Abidjan Border Forum 2026, les participants lui demandent de convaincre les pays membres qui ne l’ont toujours pas fait de ratifier la Convention de l’UA sur la coopération transfrontalière, dite Convention de Niamey.
Adopté en 2014, ce texte doit permettre aux collectivités situées de part et d’autre d’une frontière de monter des projets ensemble. Sans ratification, il reste une intention. C’est là que le forum a choisi de mettre la pression.
Abidjan Border Forum 2026 : les frontaliers placés au centre
La troisième édition avait pour thème « Les peuples frontaliers : culture, intégration et sécurité ». Le professeur Ousmane Zina, président du comité scientifique, a lu les recommandations lors de la clôture.
Aux organisations sous-régionales, il est demandé d’appuyer les infrastructures transfrontalières, les activités génératrices de revenus et le commerce local transfrontalier, et de dégager davantage de moyens pour ces projets.
Les États, eux, sont invités à placer les populations des frontières au cœur de leurs politiques de développement et à faire de la culture un outil de coopération avec les voisins. Le forum veut aussi que la gouvernance des frontières entre dans les programmes universitaires et que la recherche sur le sujet soit financée.
Deux propositions visent les structures chargées de la gestion des frontières : créer des réseaux de journalistes professionnels spécialisés sur les frontières et instituer un prix international de la meilleure recherche universitaire en gouvernance frontalière.
Nialé Kaba fixe les priorités
La clôture était présidée par la ministre d’État Nialé Kaba, chargée des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, qui représentait le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Pour elle, la Déclaration d’Abidjan « constitue un cadre de référence pour traduire les conclusions du forum en actions concrètes et durables ».
Elle a cité quatre chantiers : les conditions de vie des riverains, la facilitation des échanges, la prévention des conflits et la gestion concertée des ressources naturelles. Elle a appelé les collectivités territoriales à porter des projets communs, les partenaires techniques et financiers à financer des initiatives durables et le secteur privé à créer des emplois dans ces zones.
La ministre a salué le travail de Diakalidia Konaté, commissaire général du forum et secrétaire exécutif de la Commission nationale des frontières de Côte d’Ivoire (CNFCI).
Ce que le texte ne dit pas encore
Les recommandations rendues publiques ne précisent ni calendrier ni budget. Leur portée dépendra donc de ce que l’Union africaine, les communautés régionales et les gouvernements en feront dans les prochains mois, à commencer par la ratification de la Convention de Niamey.
Au-delà des débats, l’édition a accueilli des hackathons panafricains et remis des distinctions dans trois domaines : la coopération transfrontalière, les médias et l’éducation. Retrouvez toute l’actualité de la Côte d’Ivoire et d’Abidjan sur notre site.