Burkina Faso : pourquoi l’exportation du bétail est suspendue
Au Burkina Faso, le gouvernement a suspendu l’exportation du bétail jusqu’à nouvel ordre. Par un arrêté interministériel daté du 8 mai 2026, les ministres en charge du Commerce, de l’Agriculture, des Finances ont expliqué les raisons de cette décision qui intervient quelques semaines avant la fête de la Tabaski.
Burkina Faso : le gouvernement suspend l’exportation du bétail pour satisfaire la demande intérieure
Interdiction formelle d’exportation du bétail au Burkina Faso. Les autorités justifient cette décision par le « souci d’assurer la disponibilité du bétail sur le marché national ». La délivrance des autorisations spéciales d’exportation (ASE) du bétail est suspendue. Les exportateurs qui détiennent à ce jour les ASE de bétail en cours de validité ont une semaine pour accomplir les formalités d’exportation. Passé ce délai, leurs ASE sont invalidées.
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Pour la mise en exécution stricte de cette décision, le gouvernement en appelle au patriotisme de l’ensemble des acteurs de la filière de bétail. Les services techniques compétents sont appelés à jouer convenablement leurs rôles, notamment lors des contrôles frontaliers pour empêcher toute sortie frauduleuse du bétail. En tout état de cause, le gouvernement menace de sanctionner conformément à la réglementation tout contrevenant.
Cette restriction peut à long terme impacter les pays importateurs qui s’approvisionnent au Burkina Faso. Selon Trade Map, ces dernières années, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali et le Togo sont les plus gros importateurs de bétail en provenance de Ouagadougou. Le Ghana se distingue avec 60 % des importations.
Au Burkina Faso, la filière bétail contribue au PIB
Au Burkina Faso, l’élevage contribue à la croissance économique. Sa part dans le produit intérieur brut (PIB) est estimée à 12 %. 72 % de la population est active dans cette activité économique. D’après les chiffres de l’Institut national de la statistique et de la démographie (INSD), les exportations de bovins, ovins et caprins ont rapporté près de 11,8 milliards de francs en 2024.
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Selon l’INSD, les exportations de bovins sont passées de 426,3 tonnes en 2020 à 5 273 tonnes en 2024. Quant aux exportations d’ovins et caprins, elles sont passées de 555,7 tonnes à 8 608 tonnes de 2020 à 2024.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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