Liste grise du Gafi : Abidjan et Kinshasa sortent, Yaoundé reste
La Côte d’Ivoire et la RDC ne figurent plus sur la liste grise du Gafi. Le Groupe d’action financière l’a annoncé vendredi 30 octobre 2026, à l’issue de sa plénière de Paris. Le Cameroun, l’Angola, le Kenya et le Soudan du Sud restent, eux, sous surveillance renforcée.
Quatre juridictions quittent la liste cette fois : la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, la Bulgarie et Monaco. Aucun pays n’y fait son entrée, et la liste tombe de 22 à 18 noms. Selon le Gafi, les quatre ont exécuté leur plan d’action dans les délais, et des visites sur place ont confirmé que les réformes sont appliquées.
Pourquoi la Côte d’Ivoire sort-elle de la liste grise du Gafi ?
Abidjan y était inscrite depuis le 25 octobre 2024. Il lui aura fallu deux ans. Le Gafi met en avant un recours accru à la coopération internationale dans les enquêtes sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, ainsi qu’une meilleure surveillance des risques dans les établissements financiers. En juin 2026, l’organisation avait déjà estimé que le pays avait pour l’essentiel achevé son plan d’action, ce qui ouvrait la voie à l’inspection finale.
Interrogée par RFI, l’experte Mariame Ibrahim Touré, ancienne membre du Giaba, cite des poursuites renforcées, des amendes dépassant au total 2 millions d’euros et une plateforme qui fournit l’identité des bénéficiaires effectifs des sociétés en 24 heures en cas d’urgence. Pour l’économiste Séraphin Yao Prao, la décision devrait faire baisser le coût d’emprunt du pays, au moment où le plan national de développement 2026-2030 compte sur le privé pour 70 % de ses financements.
La Commission européenne classe toujours la Côte d’Ivoire parmi les pays tiers à haut risque. Ce statut pourrait désormais être réexaminé. Ce samedi, six des dix quotidiens ivoiriens parus en kiosque annoncent la nouvelle, comme le montre notre revue des titres du jour.
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La RDC libérée après quatre ans de surveillance
Kinshasa figurait sur la liste depuis octobre 2022. La finalisation du cadre légal, l’adoption d’une stratégie nationale et le renforcement des moyens de la cellule de renseignement financier ont pesé dans la balance. La société civile reste prudente. Jean-Claude Mputu, porte-parole d’une coalition anticorruption, rappelle sur RFI que de nombreux Congolais n’ont toujours pas de carte d’identité nationale, ce qui limite toute traque sérieuse de l’argent sale.
Le Cameroun toujours dans le viseur
Côté africain, le Cameroun, l’Angola, le Kenya et le Soudan du Sud restent sur la liste des juridictions sous surveillance renforcée. La prochaine plénière du Gafi est prévue du 22 au 26 février 2027. Publié ce samedi, l’indice Ibrahim 2026 rappelle que la gouvernance ivoirienne progresse surtout sur le plan économique. La suite est à suivre dans l’actualité de la Côte d’Ivoire.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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