Indice Ibrahim 2026 : le Sénégal 7e, dix places devant Abidjan
Le Sénégal se classe 7e sur 54 dans l’indice Ibrahim 2026 de la gouvernance en Afrique, publié ce samedi 31 octobre. La Côte d’Ivoire pointe au 17e rang, mais signe l’une des progressions les plus nettes de la décennie. Les Seychelles conservent la première place du classement.
La Fondation Mo Ibrahim a dévoilé au Caire cette nouvelle édition, qui note les 54 États du continent sur la période 2016-2025. Les Seychelles (78,6 sur 100) devancent Maurice (75,0) et le Cap-Vert (70,3). Le Botswana, l’Afrique du Sud et la Namibie suivent. L’Afrique du Sud garde sa cinquième place malgré une dégradation que la fondation qualifie d’accélérée.
Pourquoi le Sénégal devance-t-il la Côte d’Ivoire dans l’indice Ibrahim 2026 ?
Avec 63,6 points, le Sénégal partage la 7e place avec le Maroc, qui fait son entrée dans le top 10 aux dépens de la Tunisie, désormais 11e. Dakar est le mieux classé des pays d’Afrique de l’Ouest, devant le Ghana (9e, 62,8). Sa force tient à deux catégories : 66,1 en sécurité et État de droit, 66,0 en participation, droits et inclusion. Sur dix ans, son score global progresse de 1,8 point, même si le volet participation recule légèrement (-1,3).
La Côte d’Ivoire obtient 58,1 points. C’est au-dessus de la moyenne continentale (50,1) et de celle de l’Afrique de l’Ouest (52,9). Le pays a gagné 4 points depuis 2016, porté par les fondements des opportunités économiques (64,5, en hausse de 10,8 points) et le développement humain (+6,8). Le reste avance moins. La sécurité et l’État de droit stagnent à 54,1 (+0,1), et la participation, les droits et l’inclusion reculent à 56,8 (-1,7). L’écart avec Dakar se creuse précisément là : 12 points sur l’État de droit, 9 sur les libertés.
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Le Bénin dans le peloton de tête, le Sahel décroche
Le Bénin se hisse au 12e rang (60,1), Rwanda 14e, Togo 22e (54,3) et Gabon 24e (52,9). Plus bas, le Burkina Faso (26e, 50,7) affiche l’une des chutes les plus fortes du continent : 6,9 points perdus depuis 2016, dont 15,9 en participation et 14,1 en sécurité et État de droit. Le Mali et le Niger se retrouvent ex aequo au 33e rang avec 45,6 points.
L’Afrique centrale ferme la marche. Le Cameroun est 40e (44,1), la Guinée 42e, le Congo-Brazzaville 44e, le Tchad 47e et la RDC 48e (34,0). La Centrafrique se classe 50e avec 31,3 points. Le Congo et l’Angola sortent des dix derniers, où entrent la Libye et la Guinée-Bissau.
Des routes et des réseaux, mais moins de libertés
Le constat d’ensemble de la fondation tient en un paradoxe. Les infrastructures progressent dans 52 pays sur 54, seuls le Nigeria et la Gambie faisant exception. La santé s’améliore dans 40 pays, l’éducation dans 34. Mais 34 pays reculent en sécurité et État de droit, et 31 en participation, droits et inclusion.
Vingt-cinq pays, qui rassemblent environ 47 % des Africains, voient leurs fondements économiques progresser pendant que leur sécurité et leur État de droit se dégradent. Les vingt pays qui avancent sur les deux tableaux enregistrent, en moyenne, des gains économiques plus élevés. Quatre poids lourds démographiques reculent sur l’ensemble de la décennie : le Nigeria, la RDC, l’Afrique du Sud et le Soudan. Pour la Côte d’Ivoire, qui vient de quitter la liste grise du Gafi selon la revue de presse de ce samedi, le classement rappelle que le chantier institutionnel reste ouvert. Suivez les réactions dans l’actualité ivoirienne.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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