Côte d’Ivoire : après la dissolution, Vincent Toh Bi Irié réclame l’audit de la CEI « défunte »
Vincent Toh Bi Irié, président d’Aube Nouvelle, appelle les autorités à lancer l’audit de la Commission électorale indépendante (CEI). Dans une analyse publiée après l’annonce de la dissolution de la Commission électorale, il préconise une vérification rigoureuse de la gestion de la structure afin de repartir sur de nouvelles bases avec le nouveau mécanisme annoncé.
Côte d’Ivoire : Vincent Toh Bi Irié appelle les autorités à auditer la Commission électorale indépendante
Candidat recalé à l’élection présidentielle d’octobre 2025, Vincent Toh Bi Irié n’est pas surpris par la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI). Il faisait d’ailleurs partie de ceux qui critiquaient cette constitution et l’appelaient à se réinventer. « La CEI est dissoute, comme il fallait s’y attendre », a-t-il lancé. Pour le président du mouvement politique Aube Nouvelle, la dissolution de la CEI suscite des observations.
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Il salue la promesse du gouvernement de mettre en place de façon consensuelle un nouveau mécanisme pour l’organisation et la supervision des élections. « Toutefois, il est important que s’ouvrent des discussions et des consultations avec les partis politiques et la société civile sur la nature, la forme et les missions de la future agence qui gérera les élections en Côte d’Ivoire, sinon on n’aura rien résolu par une seule dissolution », a-t-il indiqué. Pour Vincent Toh Bi Irié, les problèmes ayant conduit à la dissolution de la CEI vont demeurer si la nouvelle structure émane d’une décision unilatérale du gouvernement.
Nécessité d’auditer la CEI défunte
Vincent Toh Bi Irié est d’accord qu’il faut repartir de zéro avec une nouvelle agence électorale, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut fermer les yeux sur les 25 ans de gestion de la CEI. « Nous répétons: même si la CEI est dissoute, il est plus que nécessaire de mener de façon rigoureuse et impartiale un audit complet de cette défunte structure. On ne peut pas aussi facilement passer en pertes et profits tous les passifs et actifs de 22 années de vie institutionnelle », a-t-il écrit.
Il faut un audit financier sur la transparence de la gestion des fonds du contribuable ivoirien mis à la disposition de la commission et sur les enseignements tirés des dépenses de chaque secteur (personnel, équipement, opérations électorales, éducation des électeurs et autres).
Il appelle également à un audit institutionnel pour retracer les points forts et les points faibles des différentes expériences effectuées avant même l’avènement de la Commission électorale indépendante. « Quelles leçons tirons-nous de ces mutations institutionnelles, quelles méthodes de travail avons-nous affinées, quelles expertises/expériences avons-nous capitalisées ? » L’audit institutionnel répondra à ces questions pour que la future agence électorale soit plus forte », a-t-il indiqué. Il a rappelé que dans l’organisation des élections, la Côte d’Ivoire est passée du « ministère de l’Intérieur en 1999 à la COSUR (Commission de supervision du référendum) en 2000, puis de 2000 à la CNE (Commission nationale électorale), et après 2001 à la CEI à ce jour ».
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Création d’une Haute Cour électorale : Vincent Toh Bi Irié réitère sa proposition
Pour le président d’Aube Nouvelle, les réformes annoncées ne doivent pas uniquement concerner la CEI. Pour lui, il est important de revoir en profondeur tout le dispositif institutionnel autour de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. « Il faut d’autres réformes institutionnelles, notamment sur les attributions en matière électorale du Conseil constitutionnel. »
Il préconise la création d’un « autre organe spécifique que le Conseil constitutionnel » pour gérer les « contentieux électoraux et tous les aspects légaux des élections ». Le gain de cette réforme, selon Vincent Toh Bi Irié, serait de faire gagner du temps au Conseil constitutionnel qui doit se concentrer sur des « questions plus importantes de la République, sans souffrir de la suspicion d’une partie de l’opinion publique ». Il propose donc la création d’une Haute Cour électorale. « Cette Cour n’aurait pour unique matière que les élections, en parallèle ou en accompagnement de la vie d’une Commission électorale indépendante », a-t-il précisé.
Établir une nouvelle liste électorale
Vincent Toh Bi Irié trouve nécessaire l’établissement d’une nouvelle liste électorale. Il a précisé qu’il ne suffira pas de faire une révision ou une refonte de la liste, mais d’établir une nouvelle liste électorale. « La liste électorale que nous utilisons actuellement date au minimum de 1980. D’où certaines incongruités. Il faut procéder à l’établissement d’une liste électorale au niveau zéro, en créant une connexion évolutive automatique avec le fichier d’état civil. Cela coûtera cher au début, mais ce sera le prix de la paix et de l’organisation d’élections crédibles », a-t-il indiqué.
Rédigé par
Cochimau HOUNGBADJIJournaliste l Analyste Politique l Animateur Web TV l Web journaliste - Spécialiste référencement SEO l Passionné de la Com digitale l Certification Google : Fondamentaux du Marketing Numérique.
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