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Côte d’Ivoire : l’Etat veut encadrer le secteur de la livraison

Régis BOCO
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Côte d'Ivoire : l'Etat veut encadrer le secteur de la livraison
Côte d’Ivoire : l’Etat veut encadrer le secteur de la livraison

En Côte d’Ivoire, le ministère des Transports et des Affaires maritimes veut régulariser le secteur de la livraison. Les cadres de la Direction générale des Transports terrestres et de la Circulation ont échangé ce samedi 15 août 2026 avec les coursiers indépendants et les patrons de PME. Les autorités annoncent la professionnalisation de l’activité avec la mise en place d’une licence d’exploitation. Après cette première concertation, un atelier technique réunira prochainement les concepteurs d’applications et les coopératives de coursiers.

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L’administration centrale refuse de se limiter à des campagnes classiques de sensibilisation routière. Le ministère collabore activement avec la Poste de Côte d’Ivoire pour concevoir une licence d’exploitation dédiée. Ce titre professionnel obligatoire identifiera chaque coursier (livreur) en activité dans les communes de la capitale économique. Le document dotera la profession d’un statut juridique clair face aux contrôles de police. Ainsi, le directeur général des Transports terrestres et de la Circulation, Oumar Sacko, intègre l’ensemble des acteurs privés dans la mise en œuvre des réformes.

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À terme, la réforme n’a pas pour but de briser la dynamique économique de ce gagne-pain populaire. Le ministère s’appuie sur la réforme globale du Programme national de formation pour redresser le secteur et limiter les risques. Les auto-écoles ivoiriennes devront dispenser un apprentissage renforcé du code de la route spécifique aux motocyclistes. Les examinateurs durciront les épreuves pratiques de maîtrise technique des engins à deux et trois roues.

Oumar Sacko présente ce volet de la réforme comme le seul levier capable de professionnaliser le secteur. La revalorisation des compétences techniques garantira la pérennité des revenus élevés générés par cette filière logistique. Toujours dans le cadre des réformes, il sera mis fin à l’implication de la préfecture de police d’Abidjan dans « la délivrance de certains documents administratifs, notamment l’immatriculation des engins ».

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En optant pour la professionnalisation du secteur de la livraison, la Direction générale des transports terrestres vise la réduction des cas d’accident. « Avant la fermeture de l’axe principal, de la descente du pont Félix Houphouët-Boigny au carrefour Ancien Koumassi, l’on enregistrait 15 à 20 accidents et trois à quatre morts par mois. Il y a trois mois, nous n’avions pas enregistré d’accident ni de mort depuis un an, depuis que la mesure avait été prise », a affirmé Oumar Sacko.

En 2024, les engins à deux roues ont été impliqués dans 5 549 cas d’accidents et les tricycles dans 1 201 cas. En 2025, ces chiffres ont connu une hausse, passant à 5 583 et à 1 126. Au premier semestre de l’année 2026, on compte 3 419 cas impliquant des deux-roues et 711 impliquant les tricycles.

La livraison, un secteur à fortes recettes ?

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En Côte d’Ivoire, les livreurs enchaînent 15 à 25 courses par jour. Les usagers payent en moyenne 1 500 francs CFA la course. Chaque engin dégage alors de lourdes recettes. Les gains mensuels oscillent entre 800 000 et 1 500 000 francs CFA au total. Cette solidité financière transforme la livraison de colis en un levier puissant d’insertion pour la jeunesse. Les syndicats du secteur comptabilisent un contingent officiel de 5 000 conducteurs enregistrés auprès de leurs structures. Ce chiffre reste pourtant bien en deçà de la réalité du marché d’Abidjan. Actuellement cette activité de livraison express est menée à 99 % dans l’informel.

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