ECO en 2027 : Ahoua Don Mello attaque le choix porté sur Alassane Ouattara
La désignation d’Alassane Ouattara à la tête du projet de l’ECO, monnaie unique ouest-africaine, fait déjà des vagues. L’ancien ministre ivoirien Ahoua Don Mello est sorti du silence ce vendredi 24 juillet 2026 à travers une tribune particulièrement virulente. Le politicien souverainiste s’en prend ouvertement à l’influence de la France qu’il accuse de saboter la naissance d’une monnaie véritablement indépendante. Par la même occasion, il met le président ivoirien face à ses responsabilités devant l’histoire.
Proximité politique autour de l’ECO et test pour Alassane Ouattara
Le calendrier s’accélère puisque la CEDEAO vient de confirmer à Freetown son objectif d’introduire l’ECO dès l’année 2027. Pour piloter ce processus, les chefs d’État de la région ont choisi de faire confiance au président ivoirien. Un choix qu’Ahoua Don Mello qualifie de piège ou de test décisif. Selon lui, le principal frein à cette monnaie unique ne vient pas des critères économiques non respectés par les pays membres. Le vrai problème réside dans les accords financiers qui enchaînent encore les pays de la zone franc à Paris. L’ancien patron du BNETD affirme que la France fera tout pour protéger ses intérêts et parle même d’un plan caché pour remaquiller le franc CFA sous un nouveau nom.
Lire aussi : CEDEAO : l’ECO en 2027, Alassane Ouattara pour remettre le projet sur les rails
L’opposant ivoirien revient sur les décisions prises à Abuja en 2019, qu’il considère comme une immense occasion manquée. À l’époque, les dirigeants voulaient couper le cordon en supprimant la garantie française et le taux de change fixe avec l’euro. Ahoua Don Mello soutient qu’une pression directe de l’Élysée sur la Côte d’Ivoire a finalement accouché d’un projet hybride, loin de l’indépendance totale espérée par les populations de la région.
La réplique des autorités françaises
Cette lecture des événements suscite d’importantes contestations du côté de Paris. Les responsables français rappellent régulièrement qu’ils ont appliqué les réformes promises en coupant plusieurs liens historiques. Concrètement, la BCEAO ne dépose plus la moitié de ses réserves de change auprès du Trésor français et aucun représentant de la France ne siège plus dans les instances de la banque centrale. Du point de vue français, le maintien de la garantie de convertibilité et l’arrimage fixe à l’euro ne sont pas des outils de contrôle mais plutôt des boucliers pour assurer la stabilité financière de la région.
Ce grand débat autour de la monnaie continue de diviser profondément les économistes et les citoyens. Les partisans du système actuel rappellent que le franc CFA protège efficacement contre l’inflation galopante. À l’inverse, le camp souverainiste dénonce un frein pour la compétitivité et une insulte à l’indépendance économique des pays africains.
Lire aussi : CEDEAO : l’ECO en 2027, Alassane Ouattara pour remettre le projet sur les rails
Une monnaie africaine suspendue à un acte de courage
Ahoua Don Mello reste convaincu que l’avenir de la future monnaie se jouera uniquement sur le courage politique des dirigeants de la CEDEAO. L’Afrique de l’Ouest doit faire passer ses propres intérêts avant les exigences des puissances extérieures si elle veut réussir sa transition. L’ancien ministre propose des pistes concrètes comme une discipline stricte sur la convergence budgétaire, une reprise en main de la gestion des mines d’or et la création de réserves régionales solides. Il insiste sur le fait que le système monétaire actuel reste le dernier obstacle à briser pour libérer l’intégration ouest-africaine.
Articles similaires
Côte d’Ivoire : l’armée annonce la fermeture de l’axe Siporex-Keneya
La Côte d’Ivoire célèbre son 66ᵉ anniversaire d’indépendance ce 7 août 2026. Comme d’habitude, l’armée sera à l’honneur et elle se prépare pour offrir un spectacle de…
Côte d’Ivoire – CEI dissoute : qui paie les salaires et les loyers ? Fournisseurs à bout et vigiles inquiets
Soixante-dix-neuf jours après l’ordonnance du 6 mai, l’ex-Commission électorale indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire n’a ni liquidateur, ni ordonnateur, ni trésorerie. Bailleurs, sociétés de gardiennage…
Industrialisation : la Côte d’Ivoire veut être le cœur logistique de la sous-région
Le cap est fixé en Côte d’Ivoire. Du côté du gouvernement ivoirien, on assume désormais la volonté de bousculer le paysage industriel national. Le grand…