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Bénin : Patrice Talon de retour dans les arcanes du pouvoir, ce qu’il faut comprendre

Cochimau HOUNGBADJI
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Bénin : Patrice Talon de retour dans les arcanes du pouvoir, ce qu'il faut comprendre
Bénin : Patrice Talon de retour dans les arcanes du pouvoir, ce qu’il faut comprendre

Au Bénin, l’ancien président Patrice Talon est de retour sur la scène politique. Moins de trois mois après avoir passé la main au nouveau président élu Romuald Wadagni, il prend la tête du Sénat, une nouvelle institution de haute portée créée lors de la dernière révision constitutionnelle opérée sous son régime. Ce retour rapide au devant de la scène intrigue plus d’un. Certains évoquent même l’idée d’un troisième mandat déguisé.

Bénin : Pourquoi Patrice Talon est-il revenu sur la scène politique ?

Surprenant pour certains et sans surprise pour d’autres. L’élection de Patrice Talon à la tête du Sénat suscite depuis quelques jours des débats. Ceux qui pensaient que l’ancien locataire du palais présidentiel allait s’offrir une retraite loin des couloirs politiques ont compris qu’ils n’avaient pas raison. Il a pris les commandes du Sénat, deuxième chambre du parlement, une nouvelle expérience au Bénin. Le déroulement de son élection montre que rien n’a été fait dans l’improvisation.

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Seul candidat au poste de président, Patrice Talon a obtenu 24 voix sur 25 voix. En d’autres termes, il a eu le soutien ferme de 24 sénateurs sur les 25 que compte l’institution. Il convient de souligner que l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo était absent pour des raisons de santé. Depuis l’adoption et la promulgation de la Constitution, Patrice Talon était pressenti pour diriger le Sénat. Il est accusé de mettre en place un dispositif pour conduire un troisième mandat déguisé. Mais selon Joël Atayi-Guèdègbé, expert en gouvernance, acteur de la société civile béninoise, « la loi est de portée générale et interpersonnelle ».

« Ce que je retiens fondamentalement, c’est qu’à l’instauration de ce Sénat en novembre jusqu’à la fin de son mandat, on n’a pas procédé à son installation. Deuxièmement, ni le règlement intérieur, ni la Constitution ne disposent que les présidents d’institution sortants, qui sont membres de droit de ce Sénat, auraient pu être tenus à l’écart de la direction du bureau de ce Sénat », a confié Joël Atayi-Guèdègbé. Selon l’expert, « dès lors qu’il y a pas cette disposition éthique », toute candidature venant de cette catégorie de membres est validée.

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Quelques jours avant l’élection du bureau du Sénat, des rumeurs avaient indiqué que Boni Yayi affichait son intention de prendre la tête de cette nouvelle institution. « Si le président Patrice Talon se retrouve aujourd’hui à la tête du Sénat, je crois que ce n’est pas que de sa seule volonté. Lui, il a beau se porter candidat, il a encore bien fallu que l’ensemble des membres de l’institution lui accorde confiance pour qu’il en soit aujourd’hui le premier responsable », a indiqué Wilfried Léandre Houngbédji, ministre, porte-parole du gouvernement. Il a rappelé que Patrice Talon a recueilli 24 voix sur 24 sénateurs présents. Pour lui, ce résultat est la preuve que les sénateurs ont fait preuve de consensus et de sagesse.

Des missions du Sénat

À l’analyse des missions confiées au Sénat, il est clair qu’il s’agit d’une institution hautement politique. L’article 113-1 de la Constitution dispose que l’institution « régule la vie politique pour la sauvegarde et le renforcement des acquis de l’unité nationale, du développement de la Nation, de la défense du territoire, de la sécurité publique, de la démocratie et de la paix ». Le Sénat a également pour mission de « veiller aux mœurs politiques, au renforcement et à la continuité de l’État ainsi qu’à la stabilité politique ». Il doit également « veiller au respect de la trêve politique ».

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La Constitution donne le privilège aux sénateurs d’intervenir dans l’élaboration de certaines lois, notamment celles liées au processus électoral et à la vie des partis politiques. Ils doivent nécessairement consulter sur ces lois avant promulgation. Le Sénat détient également le pouvoir de sanctionner des acteurs politiques reconnus coupables de certains actes. Il peut décider de « la suspension ou du retrait des droits politiques ou civiques ».

Au regard des missions du Sénat, certaines opinions expriment des craintes et redoutent des accrochages entre les prérogatives de l’exécutif et des sénateurs. C’est d’ailleurs ce qui fait dire que Patrice Talon, en tant que président du Sénat, détient encore une grosse parcelle de pouvoir.

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Cochimau HOUNGBADJI

Web Journaliste | Fact-checker | Animateur EMI | Analyste Politique | Spécialiste référencement SEO | Certification Google : Fondamentaux du Marketing Numérique.

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