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Éléphants au Mondial 2026 : le pari perdu d’Idriss Diallo à la FIF

Patrice Dama
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Idriss Diallo, président de la Fédération Ivoirienne de football fif
Idriss Diallo, président de la FIF

La stratégie du président de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), Yacine Idriss Diallo, a échoué. Elle reposait sur un double calcul qui se retourne aujourd’hui contre lui : manipuler le timing électoral et détourner à son profit la performance de l’équipe nationale.

Echec de la stratégie d’Idriss Diallo

Sur le premier point, Idriss Diallo a fait le choix du report. L’élection à la présidence de la FIF était initialement fixée, selon l’article 118 des statuts, au dernier samedi de juin 2026, soit au plus tard le 30 juin 2026. Le 29 novembre 2025, en assemblée générale extraordinaire, cet article a été modifié pour autoriser la tenue du scrutin « trois mois avant ou trois mois après juin 2026 », sur la base d’une note de la FIFA introduisant cette flexibilité. La marge ouvrait donc deux voies : avancer l’élection à mars-avril, avant le Mondial, ou la décaler après. C’est la seconde qui a été retenue. Ainsi la 64ᵉ assemblée générale ordinaire du 30 mai 2026 a fixé la date au 12 septembre 2026, après la Coupe du monde.

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L’argument du président sortant : préserver la « sérénité » et l’« unité » autour des Éléphants. Autrement dit, l’argument de la stabilité a servi à différer l’échéance et à tenir l’adversité à distance. Question : qui allait oser affronter le président de la FIF avant le Mondial, envisager de le battre, et de partir à la compétition aux USA avec une nouvelle direction, au risque de désorganiser l’équipe et de perturber sa préparation ? Le pari de Diallo a fait l’inverse : il a tout misé sur la capitalisation d’un succès mondial.

Cette option vient de s’avérer infructueuse. Car il aurait pu organiser de façon moins périlleuse l’élection en jouant sur la stabilité du management et du staff à deux mois de la Coupe du monde. Au niveau sportif, à l’heure du bilan, on se rend compte que l’équipe, sous la direction d’Emerse Faé, n’a jamais réellement convaincu sur le plan tactique depuis le sacre à la CAN 2023, titre conquis, faut-il le rappeler, après que Faé a pris l’équipe en cours de route, à la suite du limogeage de Jean‑Louis Gasset.

Les faiblesses des Éléphants qu’on ne voulait pas voir.

Depuis, les Éléphants ont affiché des faiblesses récurrentes, en éliminatoires (CAN comme Mondial) et dans les matches couperets : la défaite contre l’Égypte en quart de finale de la CAN 2025 (3‑2, au Maroc) ou la défaite contre l’Allemagne (2‑1) en phase de groupes du Mondial 2026 en témoignent. La défaite face à la Norvège en seizièmes de finale, le 30 juin 2026 à Dallas (2‑1, sur un but tardif d’Erling Haaland), n’est donc pas un accident. Elle est la conséquence logique d’une performance structurellement fragile. Elle anéantit le pari stratégique qui en dépendait.

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À l’heure du bilan, Idriss Diallo doit assumer. Assumer son pari sur Emerse Faé. Assumer le choix de l’élection après le Mondial. Il a géré seul, car il voulait bénéficier seul de la victoire. Il a choisi et soutenu Faé jusqu’au bout. Il a délaissé le football local au profit de la seule équipe nationale constituée de joueurs évoluant dans des championnats étrangers, sans un seul joueur local. À l’arrivée, depuis la CAN 2023, plus aucune victoire durable et de haut niveau.

En tenant l’élection avant la compétition, Diallo aurait pu plaider qu’un changement à la tête de la fédération à quelques mois du Mondial serait déstabilisateur, forçant ainsi une forme de continuité. En la reportant, il a fait du Mondial une sorte de référendum. Toute la stratégie reposait sur une victoire durable ou, au moins, une performance plus honorable que la défaite du mardi 30 juin 2026, pour justifier la réélection. Et les joueurs, dans l’euphorie du succès contre Curaçao, avaient même porté Idriss Diallo en triomphe. Un geste qui en disait long sur la suite et sur un parti pris inélégant dans la bataille à venir, dans la manipulation et l’instrumentalisation des succès de l’équipe .

L’argument électoral

La confiance placée dans la performance des Éléphants pour en faire un argument électoral était-elle bien fondée ? En dehors du sacre à la CAN 2023 (acquis, encore une fois, après avoir pris l’équipe en cours de route), la sélection n’a jamais démontré une maîtrise tactique convaincante lorsque l’entraîneur a disposé des pleins pouvoirs. Les parcours en éliminatoires, pour la CAN comme pour le Mondial, ont été ponctués de frayeurs et de tensions.

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Échecs dans les grands rendez‑vous. Les confrontations directes face à des équipes solides, l’Égypte (élimination en quart de finale de la CAN 2025) et l’Allemagne (défaite en poule au Mondial),ont exposé les limites tactiques du dispositif, en particulier dans la gestion des séquences décisives : buts encaissés tôt face à l’Égypte, but concédé en toute fin de match face à la Norvège, après avoir pourtant longtemps muselé Haaland. La victoire en amical contre la France peu avant le Mondial ne suffit pas à masquer cette réalité. La défaite actuelle était donc prévisible, comme l’avait d’ailleurs pressenti un propos attribué au sélectionneur norvégien. Quant à la tentative de lâcher ou d’accabler Emerse Faé pour sauver le soldat Idriss Diallo, elle est de très mauvais goût.

Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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