Frappe de drone au Niger : Niamey accuse le Tchad et Paris
Une frappe de drone au Niger a tué deux civils et fait plusieurs blessés dans la zone d’Emi Loulou, région d’Agadez, le 24 octobre vers 1 heure du matin. Des véhicules ont aussi été endommagés. Pour le gouvernement nigérien, l’engin est parti du territoire tchadien, avec l’appui de la France. N’Djamena dément et réclame des preuves.
Frappe de drone au Niger : ce que Niamey reproche au Tchad
Dans un communiqué lu à la télévision nationale, les autorités de transition tiennent le Tchad « entièrement responsable de cet acte et de ses conséquences ». Elles vont plus loin. Depuis plusieurs mois, N’Djamena offrirait une « profondeur stratégique » à des mercenaires qui s’en prennent aux populations et aux installations énergétiques du pays. Le texte évoque des « éléments matériels et techniques concordants », sans les rendre publics, et promet de les transmettre aux instances internationales.
L’ambassadeur du Tchad a été convoqué. Niamey a saisi le Conseil de sécurité de l’ONU et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, demande une enquête internationale indépendante et invoque l’article 51 de la Charte des Nations unies, celui de la légitime défense. Le gouvernement ménage le « peuple frère du Tchad », mais prévient : « La retenue n’est pas la faiblesse. »
N’Djamena retourne l’accusation
Le gouvernement tchadien rejette toute implication et met Niamey au défi de publier ses preuves. Il se dit lui aussi favorable à une enquête internationale indépendante.
Puis il renvoie la balle. Selon N’Djamena, ce sont des groupes rebelles tchadiens armés qui trouvent refuge au Niger. Pas plus que la version nigérienne, cette affirmation n’a pu être vérifiée de manière indépendante. Le Tchad cite le cas d’un soldat déserteur passé au Niger avec armes et véhicule, dont il réclame le retour sans succès.
La France, cible récurrente du général Tiani
L’implication supposée de Paris laisse une zone d’ombre. Les derniers militaires français ont quitté le Tchad fin janvier 2025, après la rupture de l’accord de coopération de défense annoncée par N’Djamena en novembre 2024. Le communiqué nigérien ne dit pas quelle forme aurait pris cet « appui ».
Le procédé n’est pas nouveau. Après l’attaque de l’aéroport de Niamey, fin janvier 2026, revendiquée par l’État islamique, Abdourahamane Tiani avait désigné les présidents français, béninois et ivoirien comme les « sponsors » de « mercenaires ». Fin août, après la tentative de coup d’État déjouée à Niamey, le capitaine Roger Gabriel avait ajouté le Tchad à la liste des commanditaires présumés. Paris avait rejeté ces accusations. Entre la France et le Niger, le canal est quasi rompu : en septembre, la France a déclaré persona non grata deux agents de renseignement nigériens en poste à leur ambassade.
Il y a quatorze mois, le ton était tout autre. Le 6 août 2025, Mahamat Idriss Déby Itno était reçu à Niamey par le général Tiani. Aujourd’hui, les deux voisins se parlent par communiqués interposés, et le dossier atterrit à l’ONU. Retrouvez toute l’actualité du Niger.
Rédigé par
Gary SOGNONGary SOGNON, journaliste et communicant, passionné par le traitement de l’information, je couvre aussi bien des sujets politiques que sportifs, une pluralité renforcée par plus de 15 années d’expérience en rédaction web et SEO. Retrouvez mes articles sur afrique-sur7.fr.
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