LFR 2026 : Aminou Lô somme le Pastef de sortir ses amendements
Le Premier ministre sénégalais Ahmadou Al Aminou Lô a répondu dimanche 25 octobre à Dakar au rejet de la LFR 2026 en commission. Face aux députés du Pastef, il dénonce une « obstruction » et réclame des amendements écrits avant la plénière du mardi 27 octobre à l’Assemblée nationale.
Que reproche Aminou Lô aux députés du Pastef ?
Devant la presse, au Building administratif Président Mamadou Dia, le chef du gouvernement a choisi un ton direct. « Ce que nous voyons, c’est de l’obstruction », a-t-il lancé, deux jours après le rejet du projet de loi de finances rectificative par la commission des Finances et du Contrôle budgétaire. Un mémorandum remis aux élus le 23 octobre n’avait pas suffi à les convaincre.
Aminou Lô ne conteste pas le droit au désaccord. Il distingue l’amendement, que l’article 82 de la Constitution reconnaît aux députés, du blocage pur et simple. « Présentez vos amendements, ne punissez pas le peuple », a-t-il insisté. Puis, visant la majorité : « Qu’est-ce qu’ils veulent ? Qu’on corrige sans rester dans des généralités. »
Lire aussi : LFR 2026 rejetée : Aminou Lô peut-il encore sauver son budget ?
LFR 2026 : des chiffres sous tension
Le gouvernement justifie la rectification par un double choc. Les recettes attendues auraient reculé d’environ 340 milliards de FCFA, tandis que 540 milliards de besoins nouveaux sont apparus, tirés par les subventions énergétiques et le renforcement des forces de défense et de sécurité. Le Premier ministre assure que les 295 milliards de dépenses reportées découlent de rentrées inférieures aux prévisions du Programme de redressement économique et social, et non d’un renoncement aux projets.
Il a aussi brandi un risque très concret. « Si les subventions sont épuisées, aucun comptable public n’est autorisé à les exécuter », a-t-il averti, en pensant d’abord aux aides sur les prix de l’énergie.
Sur les crédits spéciaux, la pomme de discorde depuis la sortie d’Ousmane Sonko le 19 octobre, le chef du gouvernement défend leur usage pour des urgences comme les évacuations sanitaires et se dit prêt à discuter de leur encadrement. Le président Bassirou Diomaye Faye ne l’a « jamais refusé », affirme-t-il.
Que peut-il se passer mardi à l’Assemblée ?
Le Pastef, présidé par Ousmane Sonko, détient 130 des 165 sièges. Sans ses voix, la LFR 2026 n’a aucune chance en plénière. Aminou Lô rappelle que le texte prolonge la loi de finances initiale défendue par Sonko quand il dirigeait le gouvernement.
Le Premier ministre a renouvelé son invitation au président de l’Assemblée nationale pour une rencontre avec le ministre des Finances avant le vote. « Nous ne sommes pas des ennemis. Nous ne sommes pas des adversaires. L’exécutif et le législatif doivent dialoguer », a-t-il plaidé. Faute d’accord, le gouvernement peut engager sa responsabilité sur un texte financier, une voie qui l’exposerait à une motion de censure que la majorité a largement les moyens de voter. Le tout pendant que Dakar finalise avec le FMI un programme de 2,2 milliards de dollars, avec une dette publique évaluée à 132 % du PIB fin 2024.
Lire aussi : Assemblée nationale : le Pastef garde 7 vice-présidences sur 8
Suivez toute l’actualité politique du Sénégal dans notre rubrique Dakar.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
Voir ses 1043 articles