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LFR 2026 rejetée : Aminou Lô peut-il encore sauver son budget ?

Patrice Dama
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Ahmadou Al Aminou Lô, Premier ministre du Sénégal, après le rejet de la LFR 2026 en commission
Photo : DR

La LFR 2026 a été rejetée vendredi 23 octobre par la commission des finances de l’Assemblée nationale du Sénégal, où Pastef est majoritaire. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô répond ce dimanche 25 octobre à 16 heures, devant la presse, à Dakar.

Le rendez-vous est fixé au building administratif Président Mamadou Dia. Dans son communiqué, la Primature regrette un rejet intervenu « malgré les informations et clarifications apportées » aux députés. Le chef du gouvernement doit y présenter les analyses économiques et financières qui fondent le projet de loi de finances rectificative, et défendre ses arbitrages budgétaires.

Pourquoi la LFR 2026 a-t-elle été rejetée en commission ?

L’examen avait commencé le mardi 20 octobre. Les commissaires ont interrogé le gouvernement sur les prévisions de recettes, la programmation des investissements publics et surtout les subventions à la consommation d’énergie. Faute d’accord, les travaux ont été suspendus d’un commun accord pour laisser au ministère des Finances le temps de fournir des pièces complémentaires. Le même jour, le groupe Pastef reconnaissait « quelques compromis » mais pas d’entente sur des « points importants ».

Vendredi, l’exécutif est revenu avec un mémorandum de réponses. Il n’a pas suffi. La séance prévue jeudi avait déjà glissé d’un jour, et la plénière, d’abord annoncée pour la semaine dernière, a été repoussée à cette semaine à la demande du gouvernement.

Lire aussi : Ousmane Sonko défie Aminou Lô : la LFR 2026 en sursis ?

Subventions et fonds spéciaux, les lignes rouges de Sonko

Le blocage était annoncé. Le 19 octobre, Ousmane Sonko, président de Pastef et de l’Assemblée nationale, avait prévenu que ses députés ne voteraient pas la version initiale. Il reprochait au texte de faire passer les crédits des subventions énergétiques de 790 à 552 milliards de francs CFA, de rogner les enveloppes sociales et de réduire l’effort d’investissement. Il exigeait aussi un encadrement légal des fonds spéciaux, après l’annulation par le Conseil constitutionnel, le 15 octobre, de la loi organique votée sur le sujet.

Le successeur de Sonko à la Primature se retrouve ainsi désavoué par la majorité censée le soutenir. Nommé en mai par le président Bassirou Diomaye Faye, il doit désormais convaincre au-delà de l’hémicycle.

Le programme du FMI suspendu au vote

Le texte ne se limite pas à un réajustement comptable. Il accompagne l’accord technique conclu en septembre avec le Fonds monétaire international pour 2,2 milliards de dollars sur 2026-2029, après des audits qui ont porté la dette publique à près de 130 % du PIB. Un rejet définitif en plénière fragiliserait ce calendrier, alors que le gouvernement prépare déjà la loi de finances 2027.

Avant le vote des députés, le gouvernement peut encore amender son texte, le maintenir au risque d’une défaite, ou le retirer. La conférence de presse de dimanche dira jusqu’où Aminou Lô est prêt à céder.

Lire aussi : Conseil constitutionnel : Sonko perd la manche des fonds spéciaux

Lire aussi : Bassirou Diomaye Faye : dissoudre l’Assemblée de Sonko le 2 décembre ?

Toute l’actualité politique du Sénégal est à suivre dans notre rubrique Dakar.

Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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