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- Quels sont les principaux défis du système éducatif en Afrique que l’intelligence artificielle pourrait aider à surmonter ?
- Comment l’IA peut-elle améliorer l’accès à une éducation de qualité, notamment dans les zones rurales et défavorisées ?
- Quels types d’outils basés sur l’IA sont déjà utilisés ou pourraient être développés pour adapter l’apprentissage aux besoins des élèves africains ?
- L’intelligence artificielle peut-elle contribuer à la formation des enseignants et à l’amélioration des méthodes pédagogiques ?
- Quels sont les freins à l’adoption de l’IA dans l’éducation en Afrique, et comment peuvent-ils être surmontés ?
L’intelligence artificielle (IA) s’impose de plus en plus et touche presque tous les domaines. Comment peut-elle contribuer à l’amélioration du système éducatif en Afrique ? Avec Fabrice Atrevi, docteur en intelligence artificielle, nous abordons la question dans cette interview.
Quels sont les principaux défis du système éducatif en Afrique que l’intelligence artificielle pourrait aider à surmonter ?
Dr. Fabrice Atrevi : Les défis du système éducatif en Afrique sont colossaux et nécessitent souvent beaucoup de moyens dont les Etats ont du mal à faire face. L’avènement de l’IA bouleverse tous les secteurs de la vie humaine et l’éducation ne restera pas en marge de cela. L’IA au-delà de l’automatisation de tâches répétitives, peut aider à palier à certains défis auquel fait face le système éducatif en Afrique. Voici quelques défis typiquement africain que l’IA peut aider à relever si la volonté et les moyens suivent :
- Palier au problème de qualité de l’enseignement en agissant sur aussi bien la formation des enseignants que sur la mise à disposition de contenus pédagogiques de qualité.
- Palier au manque de ressources éducatives en mettant en place des applications dopées à l’IA.
- Lutter contre les barrières linguistiques en permettant la traduction automatique de contenus disponibles dans des langues non maîtrisées par les apprenants et les enseignants
- Lutter contre le mauvais suivi des élèves en offrant un suivi personnalisé de chaque élève. Ce dernier permettra d’offrir une orientation adaptée à chaque profil d’élève. Nous ne pouvons plus continuer avec les choix par défauts que font actuellement beaucoup d’élèves et de parents.
Comment l’IA peut-elle améliorer l’accès à une éducation de qualité, notamment dans les zones rurales et défavorisées ?
L’accès à une éducation de qualité passe par la mise en place de contenus de qualité. L’IA peut être utilisé dans ce cas soit pour apporter une aide aux enseignants dans l’amélioration de la qualité des matières qu’ils dispensent, soit à travers la mise à disposition des élèves d’applications dédiées. Cela ne peut se faire sans se pencher sur le problème de la disponibilité de ressources, de l’accès à l’internet et de la formation aux outils informatiques dans ces zones. Quelque soit les moyens qui seront mis en œuvre pour l’adoption de l’IA dans l’enseignement, sans une politique visant à fournir des ressources à ces zones, l’impacte le l’IA sera très limité.
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Quels types d’outils basés sur l’IA sont déjà utilisés ou pourraient être développés pour adapter l’apprentissage aux besoins des élèves africains ?
L’innovation est le pilier de tout développement et c’est encore plus vrai en Afrique. En faisant une petite recherche, on peut découvrir des initiatives qui visent à relever ce défis. MShule (https://www.mshule.com/) au Kenya est un exemple de ce qui peut être fait pour apporter une éducation de qualité aux élèves de zones défavorisées.
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En Afrique, le problème d’accès à l’internet partout et la faible pénétration numérique doivent nous amener à innover en exploitant les technologies déjà disponibles. Mais la formation au numérique doit être une priorité. Un exemple d’initiative au Bénin qui, selon moi, mérite d’être soutenu est Blolab (https://blolab.org/) qui a un bus équipé et qui parcourt les zones défavorisées pour faire découvrir « l’informatique» aux enfants.
L’intelligence artificielle peut-elle contribuer à la formation des enseignants et à l’amélioration des méthodes pédagogiques ?
Bien sûr. Il n’est un secret pour personne que la situation des enseignants en Afrique est compliquée surtout dans les zones défavorisées. Comme j’aime à le dire, un enseignant qui ne se forme pas n’est plus vraiment un enseignant. Nous sommes dans un monde où tout va vite. La connaissance évolue. L’enseignant n’a généralement ni le temps, ni les moyens pour se former et rester à jours.
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L’IA peut largement aider à palier à cela. Les gouvernants peuvent mettre en place des plateformes dédiées qui seront accessibles via plusieurs canaux et qui aideront les enseignants à vite monter en compétence. Un enseignant à jours ne peut que former des élèves à jours et prêt à se confronter au marché mondial.
Quels sont les freins à l’adoption de l’IA dans l’éducation en Afrique, et comment peuvent-ils être surmontés ?
Comme je l’ai déjà mentionné ci-dessus, le grand frein à l’adoption de l’IA en Afrique réside dans l’accès aux infrastructures numériques, à la formation. Il faut investir massivement dans la mise en place des infrastructures et à la formation des élèves.

