Mangue ivoirienne interdite en Europe : 15 exportateurs écartés
Depuis le 1er août 2026, la mangue ivoirienne n’entre plus dans l’Union européenne à cause de la mouche des fruits. À Abidjan, le ministre de l’Agriculture Bruno Nabagné Koné a écarté 15 exportateurs et 9 stations de conditionnement pour viser un retour dès la campagne 2027.
La nouvelle a surpris jusque dans les vergers du Nord. Le marché européen, qui absorbe plus de 80 % des volumes exportés, est fermé aux mangues fraîches de Côte d’Ivoire depuis plus de deux mois. Le gouvernement ne l’a détaillé que le jeudi 15 octobre, lors d’une conférence de presse du ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières. « Une suspension, aussi sérieuse soit-elle, est une épreuve, pas une fin », a déclaré Bruno Nabagné Koné.
Pourquoi l’Union européenne a-t-elle fermé la porte à la mangue ivoirienne ?
En cause, la mouche des fruits. Bruxelles a durci ses exigences contre ce ravageur en 2019, et les contrôles aux frontières européennes ont multiplié les interceptions de lots ivoiriens : 32 en 2024, 12 en 2025, puis 27 en 2026. Le diagnostic du ministère est sévère pour une partie de la profession. « 15 % seulement des exportateurs totalisent plus des deux tiers des interceptions », a relevé le ministre. Le fret aérien, qui ne pèse que 2 % des volumes, explique à lui seul près d’un quart des lots refoulés.
L’enjeu dépasse les quais du port d’Abidjan. La filière produit environ 180 000 tonnes par an, dont 35 000 tonnes partaient vers l’Europe. Elle compte près de 5 000 producteurs villageois sur 20 000 hectares répartis dans neuf régions et fait vivre quelque 100 000 personnes. Deuxième fruit exporté du pays après la banane, la mangue rapporte autour de 7 milliards de francs CFA par campagne selon le ministère. La Côte d’Ivoire se présente comme le premier exportateur d’Afrique de l’Ouest et le troisième fournisseur de l’Europe.
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Exportations de mangues : ce qui change pour la campagne 2027
Le tri est fait. Seuls 33 exportateurs et 34 stations de conditionnement restent agréés. Les expéditions par avion sont suspendues pour toute la campagne 2027. « Ceux qui s’y conformeront seront accompagnés. Ceux qui s’en affranchiront seront écartés », a prévenu Bruno Nabagné Koné.
L’État met 3,5 milliards de francs CFA sur la table pour traiter l’ensemble du verger national et poser plus de trois millions de pièges avant la prochaine floraison. Chaque lot devra être traçable jusqu’au verger, au producteur et au technicien de récolte, avec des contrôles renforcés à chaque étape. Une cellule nationale de suivi des exportations a été créée fin août, et le Conseil des ministres du 23 septembre a confié la régulation de la filière au Conseil du coton, de l’anacarde et du karité.
Reste le calendrier, qui n’appartient pas à Abidjan. Le ministre n’a donné aucune date de reprise, la décision revenant aussi à la Commission européenne après évaluation des garanties phytosanitaires. La campagne démarre d’ordinaire en mars, ce qui laisse quelques mois aux planteurs pour convaincre Bruxelles. D’autres pays de la sous-région misent sur la transformation locale, comme le projet de Sadio Mané au Sénégal. Plus d’informations dans notre rubrique actualité de la Côte d’Ivoire.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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