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Le Niger a franchi une étape historique en adoptant officiellement le haoussa comme langue nationale. Cette décision découle directement de la Charte de la refondation, fruit des Assises nationales tenues en février 2025. Publiée au Journal officiel le 31 mars dernier, cette mesure redéfinit le statut des langues dans le pays.
Changement linguistique au Niger et contexte géopolitique
Le haoussa, parlé par une majorité significative de la population nigérienne, acquiert ainsi une reconnaissance institutionnelle majeure. Le français conserve un rôle, mais il est désormais relégué au statut de langue de travail, au même titre que l’anglais. « Le haoussa est la langue la plus parlée, avec 55 % de locuteurs, devant le djerma-sonraï (23 %) », indique l’article. Ce changement linguistique s’inscrit dans un contexte régional marqué par une prise de distance avec la Francophonie.
Cette évolution survient après le retrait conjoint du Niger, du Burkina Faso et du Mali de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) en mars 2025. Le Burkina Faso avait d’ailleurs initié un processus similaire en 2023. Cette nation ouest-africaine avait déjà retiré au français son statut de langue officielle, signalant une volonté de réaffirmation des identités linguistiques nationales. Ces décisions témoignent d’une volonté politique de valoriser les langues africaines sur la scène nationale.
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Implications et perspectives d’avenir
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L’officialisation du haoussa comme langue nationale au Niger pourrait avoir des implications considérables. Elle pourrait renforcer l’identité culturelle et faciliter la communication au sein du pays. Cette mesure pourrait également impacter l’éducation, l’administration et les médias dans les années à venir. La place du français comme langue de travail reste à définir précisément dans les pratiques gouvernementales et administratives.
L’adoption du haoussa intervient dans un moment de redéfinition des alliances et des priorités pour le Niger. Le choix de placer l’anglais au même niveau que le français comme langue de travail suggère une ouverture vers d’autres partenaires internationaux. Il reste à observer comment cette nouvelle configuration linguistique se traduira concrètement dans les interactions quotidiennes et les politiques publiques du Niger. Cette décision marque un tournant important dans l’histoire linguistique du pays.