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Nigeria : un nouvel organisme pour organiser les données de santé

Régis BOCO
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Nigeria : un nоuvel оrganisme pоur оrgаniser les dоnnées de sаnté
Nigeria : un nоuvel оrganisme pоur оrgаniser les dоnnées de sаnté

Au Nigeria, les informations relatives à la santé sont éparpillées dans de multiples systèmes qui ne communiquent pas entre eux. Le président Bola Tinubu a pris une décision. Le vendredi 26 juin 2026, il a donné son aval à la création d’une entité chargée de coordonner les technologies numériques de la santé à l’échelle nationale.

Une structure pour établir des connexions entre les systèmes de santé

Cette nouvelle entité est désignée sous le nom de National Health Technology and Data Analytics Office, ou NHTDAO. Obi Adigwe en sera le coordinateur national. Ce bureau sera rattaché au ministre chargé de la Santé et du Bien-être social. Sa mission peut se résumer ainsi : favoriser la communication entre des systèmes qui, jusqu’à présent, opéraient de manière indépendante. Le NHTDAO aura pour tâche de mettre en œuvre l’architecture nationale de la santé numérique, approuvée par le Conseil national de la santé en novembre 2025.

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En pratique, il devra établir des normes communes pour l’échange de données et coordonner les acteurs du secteur, qu’ils soient publics ou privés. La présidence a souhaité préciser que ce nouvel organisme ne vise pas à remplacer les agences existantes, mais à renforcer les structures déjà en place. Cette décision s’inscrit dans une démarche plus large. Une étude publiée en juillet 2025 dans PLOS Digital Health a déjà mis en lumière cette problématique. En examinant 31 recherches réalisées entre 2014 et 2024, les auteurs ont souligné que le manque d’interopérabilité constituait l’un des principaux obstacles à la santé numérique au Nigeria.

Un coût estimé, des avantages encore éloignés

Réparer cette fragmentation nécessite un investissement financier. Lors du sixième Africa Digital Health Summit, qui s’est tenu en juin 2026 à Abuja, le ministre d’État à la Santé, Iziaq Adekunle Salako, a avancé un montant. Environ 500 milliards de nairas, soit près de 362 millions de dollars, seront nécessaires sur une période de cinq ans. L’objectif est de transformer des projets pilotes isolés en plateformes véritablement connectées à l’échelle nationale. À l’échelle continentale, les enjeux vont bien au-delà du Nigeria. L’Organisation mondiale de la santé estime que la numérisation pourrait accroître l’efficacité des systèmes de santé en Afrique de jusqu’à 15 % d’ici 2030. Ces économies pourraient ensuite être réinvesties pour améliorer l’accès aux soins.

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Cependant, l’OMS souligne que le même obstacle persiste partout : des systèmes d’information qui demeurent fragmentés. En Afrique de l’Ouest, la situation est particulièrement préoccupante. Actuellement, seulement 6,6 % des pays de cette sous-région mettent en œuvre une véritable stratégie de santé numérique. En Afrique australe, ce taux atteint 16,7 %, tandis qu’en Afrique de l’Est, il s’élève à 60 %.

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