Sénégal : le Conseil constitutionnel se déclare incompétent dans un recours contre Ousmane Sonko
Au Sénégal, l’installation d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale continue de faire polémique. Le Conseil constitutionnel a rendu ce mercredi 17 juin 2026, sa décision après avoir été saisi sur la question. Selon la décision, le juge constitutionnel se déclare incompétent et laisse la question en l’état. En adressant sa requête au Conseil constitutionnel, les requérants contestent l’intégration de l’ancien Premier Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale.
Sénégal : recours contre la réintégration de Sonko au parlement, verdict du Conseil constitutionnel
Limogé de son poste de Premier ministre, Ousmane Sonko a été réintégré à l’Assemblée nationale alors qu’il avait laissé son siège à son suppléant. Plusieurs personnes ont trouvé cette réintégration problématique. C’est pourquoi elles ont saisi le Conseil constitutionnel pour trancher. Par sa décision n° 5/C/2026 en date du 17 juin 2026, la haute juridiction s’est déclarée incompétente. Le Conseil constitutionnel dit ne pas être compétent pour annuler la décision du 24 mai 2026 par laquelle le Bureau de l’Assemblée nationale a réintégré Ousmane Sonko.
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Le juge constitutionnel rappelle qu’il est « juge de la régulation des élections nationales (…) et en proclame les résultats ». Le processus électoral ayant pris fin, le Conseil constitutionnel fait constater la fin de sa mission conformément à l’article 92 alinéa 3 de la Constitution. Dans leur argumentaire, les membres de la Cour relèvent que le contrôle de la légalité d’un acte administratif ne relève pas de ses attributions. La réintégration d’Ousmane Sonko au sein de l’Assemblée nationale est-il légal ? En se déclarant incompétent, le juge constitutionnel ne tranche pas totalement la question, puisqu’il ne dit ni oui non.
Toutefois, la décision est déjà récupérée par le camp de l’ancien Premier ministre qui jubile. Pour eux, c’est une victoire qui pourrait leur permettre de faire taire ceux qui agitent la polémique, notamment les opposants. L’opposition parlementaire a d’ailleurs clairement exprimé son désaccord en optant pour la politique de la chaise vide lors de plénière ayant consacré la réintégration de Sonko et son élection à la tête de l’Assemblée nationale. Quelques jours avant la décision du Conseil constitutionnel, Ousmane Sonko a affiché sa sérénité. Pour lui, il n’y a pas de raison que sa réintégration et son élection soient annulées.