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Takku Wallu claque la porte des enquêtes et dénonce un « cirque »

Patrice Dama
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Takku Wallu Sénégal : l'hémicycle de l'Assemblée nationale à Dakar, où siègent les commissions d'enquête
Photo : Assemblée nationale du Sénégal

Le groupe parlementaire Takku Wallu Sénégal, principale force d’opposition à l’Assemblée nationale, a annoncé vendredi 16 octobre 2026 à Dakar son retrait définitif des six commissions d’enquête parlementaire récemment installées. Dans un communiqué, il dénonce un « cirque médiatique » et refuse de servir de caution aux auditions.

Le groupe présente sa décision comme « mûrement réfléchie ». Issu de la coalition conduite par Macky Sall aux législatives de novembre 2024, Takku Wallu Sénégal estime que les Sénégalais assistent depuis le début des auditions à un « spectacle affligeant et outrancier ».

Pourquoi Takku Wallu quitte-t-il les commissions d’enquête ?

Le communiqué vise la manière dont les séances se déroulent. Une procédure institutionnelle sérieuse aurait été « délibérément transformée en un véritable cirque médiatique, guidé par la manipulation des masses ». Les députés de l’opposition reprochent à la majorité une « théâtralisation des auditions » qui nuirait à l’établissement des faits, et jugent que l’hémicycle est devenu un « plateau de télévision ».

Takku Wallu dit refuser de cautionner un « procès d’intention public » et des « manœuvres de diversion ». Le groupe affirme vouloir se consacrer aux préoccupations économiques et sociales des populations. Ces griefs n’ont pas, en eux-mêmes, valeur de preuve d’irrégularités dans la conduite des travaux.

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Les anciens ministres de Macky Sall en première ligne

Les commissions examinent notamment le programme « Un étudiant, un ordinateur », les exonérations fiscales, les licences de pêche, le recours aux Total Return Swap et les cessions du patrimoine bâti de l’État. Plusieurs figures des gouvernements de Macky Sall y ont été convoquées.

Abdou Karim Fofana a été entendu le 12 octobre sur le dossier Dak Tower. Abdoulaye Daouda Diallo, ancien ministre du Budget, a refusé de se présenter le 15 dans les conditions fixées par la commission. Le 16, quelques heures avant le communiqué, Daouda Ngom a évoqué devant les députés 21 milliards FCFA décaissés sans contrat dans le programme d’ordinateurs pour étudiants.

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Un retrait sans effet sur la majorité

Le départ de l’opposition ne change pas l’équilibre des forces. Le Pastef détient 130 des 165 sièges depuis novembre 2024 et Ousmane Sonko préside l’Assemblée nationale depuis le 26 mai 2026. Takku Wallu garde un pied dans les instances de l’hémicycle : Racky Diallo, proposée par le groupe, a été reconduite le 13 octobre comme huitième vice-présidente, seule élue de l’opposition au bureau.

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Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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