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UEMOA : 7 000 milliards pour transformer enfin le coton sur place

Patrice Dama
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UEMOA, coton, phosphate et riz : récolte de coton à Dourtenga, au Burkina Faso
Photo : KKB / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0)

Réunis jeudi 23 octobre à Ouagadougou, les ministres des huit pays de l’UEMOA ont examiné les livres blancs du coton-textile, des engrais phosphatés et du riz. La Commission chiffre à environ 7 000 milliards de FCFA sur cinq ans le premier programme régional qui doit faire transformer le coton, le phosphate et le riz sur place.

Les chiffres posés sur la table à l’hôtel Azalaï résument le retard. L’Union ne transforme que 2 % de sa fibre de coton, et la valeur ajoutée locale ne dépasse pas 6 % du prix du produit fini. Tout le reste quitte la région sous forme de fibre brute.

Le riz raconte une autre fragilité. La dépendance aux importations approche 50 %, parce que la production n’a pas suivi la hausse de la consommation, malgré les plans nationaux comme les projets rizicoles ivoiriens présentés aux investisseurs italiens. Quant aux engrais, un hectare cultivé dans l’Union en reçoit en moyenne 20 à 25 kg, contre près de 120 kg dans le monde.

UEMOA : que prévoit le plan pour le coton, le riz et le phosphate ?

Le premier programme régional, estimé à environ 7 000 milliards de FCFA sur cinq ans, doit être financé à la fois par les États membres, les entreprises privées et les partenaires techniques et financiers. Les trois filières sont les premières priorités du plan stratégique IMPACT 2030 de la Commission, qui s’inscrit dans la Vision 2040 de l’Union. Les experts des États avaient préparé le terrain du 20 au 22 octobre, avant la séance ministérielle.

Pour Mamadù Serifo Jaquité, commissaire chargé du Développement humain à la Commission de l’UEMOA, l’objectif tient en une formule : « transformer davantage nos ressources sur notre sol ». Dans la filière coton, cela suppose des usines d’égrenage, de filature et de confection capables d’absorber une part bien plus grande de la récolte.

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Engrais : quatre pôles industriels au phosphate

Le volet engrais est le plus détaillé. Présenté fin septembre à Ouagadougou par Lenaboua Coulibaly, cheffe de la division Mines et hydrocarbures de la Commission, le livre blanc phosphate prévoit 1 452,5 milliards de FCFA sur 2026-2030. Le privé doit en apporter 1 191 milliards, soit 82 %, et les États 239,5 milliards.

Quatre pôles industriels sont envisagés : au Sénégal, à San Pedro en Côte d’Ivoire, au Togo et dans l’est du Burkina Faso. Ils seraient complétés par un réseau d’unités de mélange installées près des bassins agricoles, chargées de produire des formules adaptées à chaque sol après analyse en laboratoire. La Commission en attend 50 000 emplois formels par an. Aujourd’hui, le Sénégal et le Togo exportent leur phosphate brut, alors que l’Union importe la quasi-totalité de ses engrais.

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Ce que les ministres attendent des États

Le ministre de l’Agriculture du Burkina Faso, représenté par le ministre délégué chargé des Ressources animales, Dr Amadou Dicko, présidait la rencontre. Il a demandé aux pays membres d’engager les réformes nécessaires, de mobiliser l’investissement public et d’offrir un cadre favorable au secteur privé. « Cette réunion est celle de l’engagement », a-t-il lancé en clôture.

Reste désormais à transformer ces orientations en projets financés, usine par usine. Retrouvez nos autres analyses dans la rubrique Économie et Finance Afrique.

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Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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