Côte d’Ivoire : Gnamien Konan formel « le Sénat ne servira à rien »

L’ancien ministre ivoirien Gnamien Konan lors d'une conférence de presse

L’ancien ministre Gnamien Konan, fondateur de l’Union pour la paix en Côte d’Ivoire (UPCI), est monté au créneau ce lundi 26 février pour s’opposer à la tenue des élections sénatoriales.

Gnamien Konan s’oppose à la tenue des élections sénatoriales

La Côte d'Ivoire qui fait l'expérience d'une deuxième chambre parlementaire a décidé de créer un Sénat. Cette institution assurera la représentation des collectivités territoriales et des Ivoiriens vivant à l’étranger.

Pour matérialiser cette décision, le Président Alassane Ouattara a pris une ordonnance portant organisation et fonctionnement de la deuxième chambre du Parlement. Le porte-parole du gouvernement Bruno Koné a par ailleurs indiqué que les élections sénatoriales, premières du genre dans le pays, se tiendront le 24 mars prochain dans 33 lieux de vote et 35 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire.

Seulement voilà, il y a un problème. Trois jours après le lancement du dépôt de candidature, aucune personnalité ivoirienne ne s'est encore présentée pour déposer son dossier. Certes, il reste encore une dizaine de jours pour sacrifier à cette exigence, mais des voix s’élèvent d'ores et déjà pour s’opposer à ces joutes électorales.

Après la récente sortie de l’éminent professeur de Droit, Francis Wodié, qui a appelé le pouvoir Ouattara à revoir sa position, le fondateur de l’UPCI Gnamien Konan est sorti de son mutisme pour battre en brèche la tenue de ces élections.

Dans une interview accordée au journal en ligne Alerte.info, l’ancien ministre de l'Habitat et du Logement social ne mâche pas ses mots et a réitéré sa réticence quant à l’adoption de la Constitution de la 3e République qui avait suscité de vifs débats à l’époque : « Moi, j’étais contre cette Constitution et je l’ai dit au président. J’ai dit au président en substance que ce n’est pas normal qu’un pays comme la Côte d’Ivoire, en 2016, se dote d’une Constitution qui ne va inspirer aucun État africain. »

Poursuivant, l’ex-ministre ivoirien de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a indiqué : « Le Sénat, on sait d’avance que ça ne va servir à rien. Or, la vérité est qu’il y a déjà trop d’institutions qui ne servent à rien. Je ne vois pas ce qu’un Sénat peut nous apporter. »

Fort de cela, l’ancien patron de la Douane semble résolu à s’opposer à un autre « passage en force de Ouattara ». Il a appelé les Ivoiriens au boycott de ce scrutin. « Le peuple est souverain. Les élections, ça sert à ça. Il faut qu’on dise au président qu’on n’est pas d’accord en ne nous présentant pas, et s’il y a des gens qui n’ont pas compris et qui sont candidats, en n’allant pas les voter. La Côte d’Ivoire ne va pas disparaître si on n’a pas de Sénat », a-t-il martelé.

Un appel qui risque d’être fort entendu par l’opposition qui exige depuis quelques semaines la réforme de la CEI avant toutes élections.