Procès putsch au Burkina: La défense dénonce un "acharnement" du parquet contre Mamadou Traoré

Procès putsch
Par Jean-Marc Bouazo
Publié le 22 novembre 2018 à 10:55 | mis à jour le 22 novembre 2018 à 10:55

Me Idrissa Badini, avocat de la défense, a dénoncé mercredi un "acharnement" du parquet contre l’ex-bâtonnier Mamadou Traoré poursuivi pour son rôle présumé dans le putsch manqué de septembre 2015 au Burkina.

Idrissa Badini plaide pour son client, dans le procès putsch

Me Badini qui estime qu'il n'y a rien qui puisse être retenu contre Mamadou Traoré, dénonce un "acharnement" du parquet sur l’ex-bâtonnier qui n’a fait, selon lui, qu’exécuter la mission que lui a confiée le président sénégalais Macky Sall.

Me Traoré est accusé de complicité d'atteinte à la sûreté de l'État, meurtres, coup et blessures volontaires. Des faits qu’il ne reconnait pas.

Interrogé à la barre, l’accusé a expliqué avoir été joint au téléphone dans la soirée du 16 septembre par Macky Sall, lui demandant de rentrer en contact avec le général Gilbert Diendéré (considéré comme le commanditaire du putsch).

Selon lui, Macky Sall ne souhaitait pas que "quelque chose" arrive au président de la transition burkinabè Michel Kafando, l’ex-Premier ministre Isaac Zida, et les ministres Réné Bagoro et Augustin Loada.

Enlevés en plein conseil des ministres par des soldats du régiment de sécurité présidentielle (RSP, corps dont est issu la plupart des acteurs du putsch), ces autorités étaient retenues au palais présidentiel.

Face aux allégations du parquet le présentant comme ayant fait partie de la délégation de Diendéré, proclamé le 17 septembre président du Conseil national de la démocratie (CND) qui avait pris le pouvoir, Mamadou Traoré s’est insurgé.

"Je ne faisais pas partie de la délégation du général Diendéré", a-t-il clamé.

Il a par ailleurs déclaré ne pas avoir travaillé avec les équipes juridiques de la médiation de la CEDEAO.

L’ex-bâtonnier Mamadou Traoré fait partie avec les généraux Gilbert Dienderé (chef de l’ex-RSP, la garde rapprochée de l'ancien président Blaise Compaoré chassé du pouvoir en octobre 2014) et Djibrill Bassolé (ancien ministre des Affaires étrangères de Blaise Compaoré), des trois derniers accusés à être interrogés à la barre.

84 personnes (dont neuf en fuite) sont poursuivies essentiellement pour "attentat à la sûreté de l’Etat", lors du putsch avorté de septembre 2015.

La résistance populaire à la tentative de coup d’Etat a officiellement fait 14 morts et une quarantaine de blessés.



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