Lassina Doumbia, des forces spéciales à l’état-major des armées ivoiriennes (BIO-PORTRAIT)

Lassina Doumbia

Des forces spéciales, une unité d’élite, qu’il dirigeait, Lassina Doumbia a été promu vendredi général de division et nommé chef d’Etat-major de l’armée, par le président Alassane Ouattara, en remplacement du général Sékou Touré, admis à faire valoir ses droits à la retraite.

Entré à l'EMPT, Lassina Doumbia, aujourd'hui général de division et chef d'Etat-major de l'armée ivoirienne

Contrairement à des enfants de troupes qui ont changé de trajectoire après leur baccalauréat, le général Doumbia, prédestiné à diriger l’armée pour sa passion et sa rigueur, n’"a jamais pensé à faire autre chose."

C’est à 12 ans, que le jeune Lassina décide de porter la tenue militaire, pour sa patrie, la Côte d’Ivoire. Enfant de troupe de la 38e promotion du prytanée militaire Charles N’Tchoréré de Saint-Louis au Sénégal et de l’Ecole militaire préparatoire et technique (EMPT) de Bingerville (banlieue abidjanaise), ce commando a tracé son chemin pour accéder au poste de chef d’état-major.

Titulaire d’un baccalauréat à l’EMPT, il obtient une maitrise en droit (carrière des entreprises) à l’université d’Abidjan en 1988.

Muni de ses quatre brevets de parachutisme et d’infanterie, le général Doumbia passe avec brio les diplômes d’état-major au Maroc et de l’institut d’études stratégiques et de défense et occupe plusieurs postes de responsabilité dans l’armée.

Chef du bureau d’instruction à l’école nationale des sous-officiers d’active de Bouaké (centre ivoirien), il devient commandant de groupements tactiques (Comthêatre) en 2005, ensuite commandant du 1er bataillon d’infanterie d’Akouedo, l’un des principaux camps militaires, à l’est d’Abidjan, de 1991 à 1996.

Son ascension débute en 2000 quand il est nommé chef des opérations de la zone Ouest-Guiglo (530 Km d’Abidjan), où il a passé deux ans.

Lassina Doumbia qui a été également préfet du département de Toulepleu (Ouest ivoirien,) de 2005 à 2009 est chevalier de la légion d’honneur et médaillé de la défense française.

Marié et père de trois enfants, le commandant qui a eu un parcours brillant dans l’armée, a dirigé de 2009 à 2011, le 1er bataillon d’infanterie d’Akouedo.

Au lendemain de la crise post électorale qu’a connue la Côte d’Ivoire, le général Doumbia est nommé commandant des forces spéciales, une unité d’élite de l’armée.

En mai 2017, des soldats avaient bruyamment manifesté dans plusieurs villes du pays pour exiger le paiement du reliquat (7 millions de FCFA) de leurs primes (12 millions de FCFA) dont une première tranche (5 millions de FCFA) avait été déjà versée en janvier après une mutinerie.

Environ 6.000 anciens rebelles "démobilisés", qui n’ont pas été intégrés dans l’armée, ont eux aussi réclamé des primes, sans succès.

Le général Doumbia cède le commandement des forces spéciales au Colonel Toussaint Tibé Bi Lopua et devient ainsi le 12e chef d'état-major de l'armée ivoirienne.