Côte d’Ivoire : Des enseignants violentés à Bouaké, les syndicalistes durcissent le ton

Des mots d'enseignants grévistes brûles à Bouaké
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 25 février 2019 à 19:11 | mis à jour le 25 février 2019 à 19:11

La tension est montée d'un crantôt ce lundi à Bouaké, la capitale de la région-centre de la Côte d'Ivoire. Des enseignants grévistes de cette métropole ont été violemment pris à partir, par des individus encagoulés faisant d'importants dégâts matériels et plusieurs blessés dans les rangs des enseignants.

Bouaké, la grève des enseignants vire au drame

La ville de Bouaké a connu tôt ce matin une scène, la plus violente, enregistrée depuis l'entame de la grève initiée par les acteurs du secteur éducation-formation il y a un mois. Au quartier Ahougnanssou-Chateau, où ont eu lieu ces tensions, des enseignants grévistes ont été violemment pris à partie par des individus encagoulés, non encore identifiés. Le bilan est sans appel, 14 motos brulées, 5 blessés dont l'un d'entre eux, les membres fracturés, a été évacué au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Bouaké, selon le Pr Alger Ekoungoun, président de la plateforme du Gbêkê.

À l’en croire, le responsable de cette violente répression n'est autre que la conséquence de "la Fatwa" lancée par un député du Rassemblement des houpgouëtistes pour la démocratie et la paix, qu'il a nommément cité. " La Fatwa lancée par un député de la nation, l'honorable Bema Fofana, le week-end dernier, à Bouaké, contre les enseignants grévistes, manifestement, est rentrée dans sa funeste phase exécutoire", dénonce-t-il.

La situation sécuritaire des fonctionnaires de Bouaké, selon le président de la plateforme du Gbêkê, reste explosive. "Les libertés et les droits syndicaux" sont selon lui foulés aux pieds. "En attendant, de se réunir en urgence, le bureau de la Plateforme Bouaké que je préside témoigne sa solidarité et ses encouragements aux camarades grévistes", a-t-il témoigné.

Avant de faire observer, que cette grève entamée par les fonctionnaires du système éducatif ivoirien, est désormais entrée dans sa phase "politique à partir du moment où le député Bema FOFANA s'est fendu ouvertement de menaces à l'encontre des fonctionnaires grévistes".


La veille, une décision de la COSEFCI confirmait que la grève devrait se poursuivre ce lundi 25 février 2019, face au refus des autorités ivoiriennes à apporter des réponses à leurs revendications. Alors qu'à Bouaké, un autre syndicat, sous l'impulsion du député Bema Fofana, décidait de reprendre le service.



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