Côte d'Ivoire: Grèves des enseignants, des fonctionnaires de Bouaké solidaires de leurs camarades

A bouaké, le Pr Jean Francis Ekoungoun et sa plateforme de fonctionnaire  du Gbêkê sont solidaire des enseignants  violentés
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 26 février 2019 à 15:20 | mis à jour le 26 février 2019 à 15:33

Des enseignants grévistes ont fait l'objet, lundi 25 fevrier à Bouaké, d'attaques d'hommes encagoulés, faisant dans leur rang de nombreux blessés et plus d'une dizaine de motos incendiées. Face à cette atmosphère de terreur, le Pr Jean Francis Ekoungoun, president de la plateforme régionale des fonctionnaires de Gbêkê, est monté au créneau pour dénoncer l'implication de certaines personnalités politiques.

Repression des enseignants grevistes à Bouaké, des hommes politiques impliqués ?

Au bilan, une dizaine de motos incendiées et d'autres emportées. Des syndicalistes ont été sauvagement bastonnés et 5 d'entre eux ont été évacués. Ce sont M. Kramo Konan Baumel (percuté par la voiture des agresseurs, double fracture), Mme Koné Safiétou née Kassi (entorses au bras). M. Néné Bi Irié, M. N'goran Marcellin, M. Sonan Kouaty Hervé.

La Plateforme régionale des fonctionnaires de Gbêkê tient à dénoncer avec la dernière énergie les atteintes graves au droit de grève, à la liberté syndicale qui sont constitutionnellement reconnus par la République. Pour le bureau de la Plateforme régionale, certaines personnalités politiques veulent noyer le poisson en ouvrant de fronts factices au lieu de régler les problèmes réels posés par les fonctionnaires, dont les conditions de vie sont déplorables.

Les revendications des enseignants sont justifiées par la misère et la paupérisation dans laquelle ils baignent. De quoi il est exactement question ? De La revalorisation de l’indice référentiel de base. De la revalorisation des accessoires de salaires (dont l’indemnité de logement). De l’application intégrale des dispositions portant profil de carrière dans le secteur éducation formation… De la suppression des cours de mercredi. De la réforme des programmes pédagogiques et des conditions d’enseignement...De la Révision du coût de l’école. De la réforme des examens de fin d’année et du respect des libertés syndicales.

Malheureusement, au lieu d’apporter des solutions aux revendications légitimes des syndicats, la Plateforme régionale de Gbêkê constate avec regret que le Gouvernement use de pratiques dilatoires et d’intimidation comme ce que fait le député Bema Fofana. Parrain d'une conférence d'un groupe d'enseignants réunis au sein de la Coordination des Enseignants pour la Sauvegarde de l'École à Bouaké, le député Bema a martelé ces mots : « Celui qui va s'amuser à faire grève aura la réponse appropriée. Des engagements ont été pris. La ville de Bouaké va apporter la sécurité nécessaire à la quiétude des enseignants sur leur lieux de travail. »

La Plateforme régionale de Gbêkê condamne les menaces proférées par le député Bema Fofana, le dimanche dernier. Ces propos aux allures d'une Fatwa lancée par un député de la Nation contre les enseignants grévistes, manifestement, est rentrée dans sa funeste phase exécutoire, ce lundi. La situation sécuritaire des fonctionnaires de Bouaké reste donc explosive.

Une fois de plus, on assassine nos libertés syndicales, on viole nos droits syndicaux. Face à toutes ces dérives, nous mettons en garde le gouvernement contre toute autre atteinte qui va sonner comme une déclaration de guerre contre les travailleurs de Côte d'Ivoire. Nous appelons à la reprise immédiate des discussions. La Plateforme régionale des fonctionnaires de Gbêkê exprime sa solidarité et ses encouragements aux camarades grévistes blessés et ayant vu leurs motos incendiées. La Plateforme régionale appelle les camarades fonctionnaires grévistes à redoubler de vigilance.

Fait à Bouaké, le 25 février 2019

Pour la Plateforme régionale des fonctionnaires de Gbêkê

Professeur Alger Jean-Francis EKOUNGOUN