Côte d’Ivoire: Affi juge "honteux que Gbagbo soit dans une bataille pour le contrôle du" FPI

Pascal Affi N'Guessan
Par Jean-Marc Bouazo
Publié le 24 mars 2019 à 11:45 | mis à jour le 24 mars 2019 à 11:45

Le président du Front populaire ivoirien Pascal Affi N’Guessan a jugé "honteux" que l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, fondateur du Front populaire ivoirien (FPI, opposition), " soit dans une bataille pour le contrôle du parti" avec lui, face à la presse samedi.

Affi a dit avoir vu sa "mort politique" s'il acceptait les conditions imposées par M. Gbagbo

"Je trouve honteux que le président Gbagbo soit dans une bataille pour le contrôle du" parti avec moi", a déclaré M.Affi.

Cette conférence de presse fait suite à l’échec d’une rencontre qui était prévue jeudi entre les deux hommes à Bruxelles.

Laurent Gbagbo avait exigé que son ex-Premier ministre et président du FPI reconnu par les autorités, le reconnaisse comme unique président du parti avant de le recevoir.

Dans une note signée du secrétaire général de la frange pro-Gbagbo du FPI, Assoa Adou, Laurent Gbagbo avait "indiqué à Pascal Affi N’Guessan qu’il entendait mettre fin à l’ingérence de l’Etat dans le fonctionnement du FPI, et lui a en conséquence demandé de reconnaître les congrès de Mama et de Moossou et d’en respecter les décisions qui en ont découlées".

Laurent Gbagbo avait été réélu président d'une frange du FPI à l'issue du congrès de Moossou en 2018, au sud d'Abidjan, alors qu'il avait déjà été porté à la tête de cette branche après les assises de Mama (son village natal) en 2015.

"Avec tout le respect que je lui dois", M. Gbagbo "n’est pas président du FPI. Ni aujourd’hui, ni demain, je ne reconnaîtrai cela", a affirmé Affi N’Guessan.

"Où a-t-il été élu?", a ajouté M. Affi, estimant q'on ne "devient pas président du FPI par déclaration".

Pour M. Affi, M. Adou, l’un de ses adversaires internes, "ne peut être un intermédiaire fiable entre" l’ex-président et lui et "ce n'est pas à lui de (lui) donner des injonctions".

Pascal Affi N’Guessan a dit avoir vu sa "mort politique" s'il acceptait ce préalable, accusant M. Gbagbo de vouloir l’"assassiner politiquement".


"Je ne mérite pas ce que Gbagbo m'a fait", a-t-il regretté, se disant dit "déçu" de "l'attitude" de M. Gbagbo, car "ce qui est en jeu, c'est l'avenir du parti" et non "les ambitions personnelles (qui ) sont secondaires".

Il a appelé l’ex-président à "ne pas prendre en otage des cadres" du parti, "à sortir de la fronde et à faire preuve de sagesse.

Expliquant le motif de la rencontre qu’il avait sollicitée, M. Affi a indiqué qu'il voulait "faire le point de la marche" du parti à M. Gbagbo et "recueillir ses recommandations pour l'unité" du FPI confronté à une crise interne pour le contrôle du FPI.

Pascal Affi N’Guessan s’est dit "ouvert" à une rencontre avec l’ex-président, mais dans un "autre contexte" et par "l’intermédiaire d’autres personnes".