Liberté de la presse en Somalie : Le pays le plus meurtrier des journalistes

Liberté de la presse
Par K. Richard Kouassi
Publié le 18 avril 2019 à 20:09 | mis à jour le 18 avril 2019 à 20:11

Reporters sans frontières (RSF) a livré un communiqué qui dépeint la situation de la liberté de la presse en Afrique subsaharienne. Selon la note, les pays africains subissent une dégradation criante de la liberté des journalistes dans le monde, d'où leur position au bas du classement.

La liberté de la presse menacée en Somalie

Reporters sans frontières pointe du doigt la Somalie, " le pays africain le plus meurtrier pour les journalistes ". Ce pays de l'Afrique de l'Est occupe en effet la 164è place dans le classement mondial de la liberté de la presse. " Trois professionnels de l’information y ont été tués, victimes des terroristes Shebab et des forces de sécurité ", rapporte l'organisation non gouvernementale.

La République centrafricaine n'a pas fière allure dans ce classement sur la situation du journalisme, prenant en compte 180 pays. Cet Etat occupe la 145è place à cause des assassinats de journalistes d'investigations russes.

La Somalie représente aujourd'hui un véritable danger pour les journalistes, souligne RSF. Dans ce pays, les hommes et femmes de média exercent dans un climat de corruption, d'insécurité et d'une extrême faiblesse du gouvernement. En 2018, dénonce RSF, trois reporters ont échappé à des tentatives d’assassinat et trois autres ont été tués dans le cadre de leurs activités.

" Si le débat politique glisse subrepticement ou manifestement vers une ambiance de guerre civile, où les journalistes font figure de victimes expiatoires, les modèles démocratiques sont en grand danger ", a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Face à cette situation, ce journaliste, auteur et éditeur français invite à enrayer dans l'urgence " cette mécanique de la peur ".

En Côte d'Ivoire, Reporters sans frontières note des promesses non tenues de la part du gouvernement, même si en 2018, l'organisation a relevé moins d'atteintes à la liberté de la presse. Toutefois, elle ne manque pas de faire remarquer que des agressions sont perpétrées sur des journalistes de la part des forces de l'ordre lors des manifestations.


Reporters sans frontières déplore en outre la libéralisation du secteur de l'audiovisuel qui peine à voir le jour. Le dossier de la disparition du journaliste Guy-André Kieffer inquiète RSF dans la mesure où " aucune avancée notable n'a été enregistrée dans l'enquête ". La Côte d'Ivoire est classée 71è au classement mondial et réalise néanmoins un bond de 11 places.