Laurent Gbagbo - Henri Konan Bédié : une alliance de perdants !

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié vers une alliance qui n'augure rien de nouveau
Par NELSON ZIMIN
Publié le 28 mai 2019 à 19:16 | mis à jour le 28 mai 2019 à 19:17

Alors que 2020 approche à grands pas, la classe politique ivoirienne s’apprête pour le bal des démagogues. Les Ivoiriens auraient pu être heureux de rencontrer l’unité par la porte des prochaines, si les alliances d’incompétents et de rancuniers transis qui se signent étaient de bon augure. Mais en Côte d’Ivoire, la politique n’est pas faite pour le peuple. Il faut certainement s'inquiéter des alliances politiques, dont celle de Laurent Gbagbo et de Henri Konan Bédié.

Laurent Gbagbo - Henri Konan Bédié, de quoi est le nom de leur alliance ?

Mon Frère GBANZAN,

Je sais que tu te poses de nombreuses questions par rapport à mon silence. Ne crois pas que les nouvelles ne me parviennent. Par exemple il y’a eu ce cas de braguette sans égal. Je n’en ai pas été choqué du moindre du monde, non. Un agent haut placé des services secrets d’un pays aussi sensible que le vôtre, se faire piéger comme un bleu ? Il faut bien le prendre comme une prophétie mon cher. Alléluia !

On se branle déjà de la misère et de la sécurité des Ivoiriens. Comment un « Bakari » pourrait-il s’embarrasser de bon sens et ne pas s’offrir de l’air pur à son bureau, assigné à la surveillance des Ivoiriens ? Les microbes deviendront bientôt des cancers !

Entre Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, la valse des bras cassés gagne en rythme

Mais là n’est pas le but de mon propos, et je m’en fous comme je te l’ai dit plus haut.

Tu sais, le grand cousin de ton père, Kognouman me disait il y’a deux jours, qu’« un homme qui est infidèle une fois, sera infidèle plusieurs fois ». Il ne croyait pas si bien dire. J’ai appris par le biais, de celui qui sait, Kabako, que Laurent Gbagbo avait accepté de rencontrer les émissaires de Henri Konan Bédié à Bruxelles pour une tentative de rapprochement. Le 7 mai 2019, une délégation du PDCI, conduite par le Secrétaire exécutif Maurice Kakou Guikahué, avait été reçue par Laurent Gbagbo.

Je ne vais pas te faire un dessin de ce qu’ils se sont dit là-bas. Cependant, le timing de ces rencontres me gêne un peu. Quelques mois avant la délégation du PDCI RDA, Pascal Affi N’Guessan embrassait le mur du refus de Laurent Gbagbo, dont il était le Premier ministre et à qui il conteste la présidence du FPI.

Mais avant, Pascal Affi Nguessan s’était également rapproché de Henri Konan Bédié pour une alliance contre le RHDP, version unifiée pour l’élection présidentielle de 2020, pas pour le peuple, disent-ils. Il faut bien souligner ce croc en jambe de la sagesse politicienne, à la morale. Ensuite en Mars 2019, il y’a eu en grande pompe Guillaume Soro chez Henri Konan Bédié pour une alliance contre le RHDP, version unifiée de Ouattara, leur ancien allié et patron, en vue de l’élection présidentielle de 2020, et pas pour le peuple.

Il faut aussi souligner que Guillaume Soro voulant le fauteuil, il a un peu refroidi le vieux de Daoukro qui veut le même fauteuil pour son parti, lequel se cherche encore un candidat. Mais pas pour le peuple. Je te fais ce petit schéma pour que tu comprennes une chose ; ils n’apporteront rien à la Côte d’Ivoire. Pas plus qu’ils ont été tous incompétents à lui garantir la paix.

Une classe politique, Laurent Gbagbo inclus, aux compétences douteuses.

Pourquoi ? Une sagesse biblique nous apprend que Moïse, avant de s’engager dans sa mission de libération du peuple d’Israël en captivité en Égypte, a été contraint par Dieu de mettre de l’ordre dans sa maison ; ce qui passait par la circoncision de son fils et bien d’autres exigences cultuelles et religieuses.

Alors, dis-moi, quel est ce parti politique qui ne sait pas construire son unité interne et qui embrasse à chaque nouvelle élection de nouveaux amis ? Ils veulent réconcilier les Ivoiriens de nouveau alors qu’ils ont tous échoué à le faire quand ils étaient au pouvoir. Il faut noter cette entorse à la compétence politique ; ils ont tous servi le pays à de très hautes fonctions. Pour Guillaume Soro, il découvre seulement aujourd’hui la misère de ses parents du Nord alors qu’il a pillé la zone pendant 10 ans. Ceux du Sud se portent très bien !

Le Nord pris en otage par lui et ses hommes en armes lui a permis d’être ce qu’il est aujourd’hui. Mais bon comprends que les opposants s’éprennent d’un amour fou pour le peuple, et une fois au pouvoir, lui font l’infidélité d’entretenir des relations coupables avec l’argent. C’est juste la règle des démagogues. Henri Konan Bédié n’a jamais oublié 1999 qui lui a fait passer le pouvoir de travers par un coup d’état salué par Laurent Gbagbo, qui n’a d’ailleurs pas été le seul. Il n’a justement pas pardonné à Laurent Gbagbo d’avoir dit qu’« il y’a des coups d’État salutaires ». D’où son alliance avec Ouattara pour mettre un coup de pied postélectoral au cul du Woody de Mama. Que dire de Laurent Gbagbo incapable de mettre de l’ordre dans son parti, humilie les anciens camarades et qui court embrasser l’homme qui avait pris fait et cause pour son adversaire-ennemi Alassane Ouattara, motivé par quelques billets et un coup de fil de Nicolas Sarkozy ?

Il n’y a même pas de calcul politique sensé à prendre en compte ni de concessions pour l’intérêt du peuple. Qu’est-ce qui est différent du contexte actuel, de celui de 2010 ? Empêcher Alassane Ouattara de venir au pouvoir et de l’empêcher de rester au pouvoir revient au pareil. L’enjeu d’hier reste le même. Mais le plus affligeant, c’est la jeunesse ivoirienne qui est incapable d’assumer son héritage politique. Elle est prête à s’offrir en holocauste pour Laurent Gbagbo qui a été incapable de vaincre la rébellion, pour Henri Konan Bédié qui a créé et aggravé le malaise ivoirien, pour Guillaume Soro qui a porté la mort au cœur de la république et pour Alassane Ouattara qui est l’ennemi de l’ordre républicain. Ce n’est pas moi qui le dit, l’histoire est là et reste têtue.

Un pays de bras cassés où des gens ont avalé leur paire de couilles. Tu m’étonnes que d’autres offrent aux leurs un coup de pub enflammé sur le web. Notre drame est qu’à force de voter ces gens, nos voix nous tombent toujours sur la tête comme une malédiction. Mais Victor Hugo m’en a enlevé les mots de la bouche : « Quand le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain. »

À bientôt

Nelson Zimin



Articles les plus lus