Filière cacao, la Banque mondiale interpelle les dirigeants ivoiriens

La Banque mondiale estime que davantage d'efforts doivent être faits pour permettre aux producteurs ivoiriens de vivre décemment du cacao.

Le cacao ivoirien peine à nourrir son homme
Par Ange Atangana
Publié le 12 juillet 2019 à 10:00 | mis à jour le 12 juillet 2019 à 10:00

La Banque mondiale a publié ce jeudi un rapport sur l’apport du cacao dans l’économie ivoirienne. Le document relève quelques maux qui plombent la filière dont le pays est le premier producteur mondial.

La Banque mondiale suggère à la Côte d’Ivoire d’en faire plus pour son cacao.

Avec environ 40% de la production mondiale, la Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao au monde. Seulement, le pays tire très peu de revenus de cette filière. C’est donc pour l’accompagner que la Banque mondiale a publié un rapport ce jeudi pour que l’or brun joue « son rôle de moteur du développement économique ».

Dans son étude, l’institution de Bretton Woods appelle les autorités ivoiriennes à mettre un accent sur la transformation du cacao. Selon l'économiste Jacques Morisset, auteur du rapport, cette étape permettra à la Côte d’Ivoire de développer ses capacités et de capter une plus grande part de la valeur ajoutée engendrée dans la filière cacao mondiale. Pour le moment, il estime que « la Côte d’Ivoire récolte entre 7 à 8% des gains totaux de la filière chocolat-cacao, alors que le pays pèse 40% du cacao mondial ».

Le rapport insiste sur la transformation, indiquant que « près de 80% des gains de la filière sont concentrés au niveau de la deuxième transformation (celle de la pâte de chocolat) et de la distribution des produits finis aux consommateurs, deux étapes où la Côte d’Ivoire ne joue pas de rôle important ». On comprend mieux pourquoi la plupart des producteurs ivoiriens vivent en deçà du seuil de pauvreté, avec moins de 757 francs CFA (1,2 dollar) par jour.


Outre cette étape importante, la Banque Mondiale appelle à mieux faire face aux épidémies qui touchent souvent les fèves, tout comme à lutter contre les changements climatiques qui affectent les sols. Aussi, l’institution financière estime que les grands importateurs deviennent plus regardants quant au respect des normes environnementales (destruction des forêts pour la culture du cacao) et du travail des enfants dans les champs.