Abobo: ça ne va pas dans la commune d'Hamed Bakayoko

A Abobo, les gnambro defient hamed Bakayoko

A Abobo, les commerçants de téléphones portables, menacés, appellent Hamed Bakayoko au secours
Par Naho Ouattara
Publié le 22 juillet 2019 à 15:51 | mis à jour le 22 juillet 2019 à 15:51

Dans la commune d'Abobo, les syndicats des transporteurs, communénement appelés ''Gnambro'', rançonnent aussi les commerçants installés dans les rues. Mohamed-Lamine Diomandé, président de l'Association des commerçants de téléphones portables d'Abobo, veut organiser son secteur mais il se dit menacé par l'un d'eux.

A Abobo, les commerçants de téléphones portables sont menacés

Selon Mohamed-Lamine Diomandé, cela fait plusieurs années que les gnambros d'Abobo leur font vivre l'enfer dans l'exercice de leur activité. "Depuis plusieurs années, nous sommes situés dans la bretelle qui part de la gendarmerie à la mairie d'Abobo. Nous sommes confrontés à de réelles difficultés notamment au racket des syndicats en raison de 1000 FCFA par commerçant. Lorsque nous refusons de payer cette somme, nous sommes molestés et nos appareils volés ou emportés jusqu'à ce qu'on leur donne ce qu'ils demandent'', témoigne-t-il d'entrée de jeu.

L'autorité du Maire Hamed Bakayoko défiée par des gnambros

Le nouveau maire d'Abobo dans sa politique de changer l'image de la commune a entrepris des opérations de déguerpissement. Selon Mohamed-Lamine Diomandé, ses camarades et lui sont menacés. "Nous avons eu la visite de certaines autorités de la mairie. Elles nous ont demandé de quitter la rue. Nous leur avons fait part de notre volonté de nous trouver un site où nous pourrons vaquer normalement à nos occupations sans gêner qui que se soit. Ils nous ont donc trouvé un endroit à la nouvelle gare d'Anonkoua Kouté. Certains d'entre nous y sont mais d'autres refusent de quitter la rue. Ils sont reguliérement menacés de vols, bastonnades et même de mort lorsqu'ils évoquent l'idée de partir de la rue. En effet, si les commerçants trouvent un endroit adéquat pour leur activité, ces derniers ne pourront plus avoir droit à ces rançons quotidiennes. Ils leur racontent des contrevérités en leur disant par exemple qu'ils les protégeraient de toute menace. Et que le maire Hamed Bakayoko finirait par abdiquer. Selon eux, cela fait plus de dix ans qu'ils sont dans cette situation et que rien ne pourra changer cela. Lorsqu'ils n'arrivent pas à convaincre, ce sont des mencaes de mort qui s'en suivent", explique-t-il.

Des bourreaux sont démasqués mais pas inquiètés

Pour Mohamed-Lamine Diomandé, l'arrivée d'Hamed Bakayoko à la tête de la mairie d'Abobo a été un soulagement pour ses camarades et lui, mais le gang qui mène cette activité n'est toujours pas inquiété. "Depuis la venue du nouveau maire, les choses sont en train de s'accélerer pour nous, mais les actions de ces gangsters n'arrangent pas les choses. Le chef de fil de cette opération s'appelle ''gros Ouézzin'', lui et plusieurs jeunes acquis à sa cause menacent la quiètude des commerçants. Il y a deux semaines, il a été convoqué par les autorités municipales pour être entendu sur cette situation mais il a nié les faits. Et, depuis son tour à la mairie, je reçois des menaces parce que je fais une campagne pour que mes camarades quittent la rue".

Origine de ce racket d'une autre époque

En 2001, lorsque le maire Adama Toungara a été élu à la tête de la d'Abobo, selon Mohamed-lamine Diomandé, il a voulu encadrer ces jeunes en leur trouvant du boulot. C'est dans cette optique qu'il leur a gracieusement offert le marché du balayage des rues de la commune d'Abobo. Notamment le tronçon à partir de la gendarmerie jusqu'à la pharmacie ''La Mé''. "Au fil du temps, ils se sont mis à encaisser une somme de 25 FCFA par petit commerçant. Ensuite, ce sont les commerçants qu'ils obligeaient à faire le boulot à leur place. Et, malgré cela, ils n'arrêtaient pas d'encaisser de l'argent. Par la suite, il y a eu le commerce du téléphone portable dans cette zone. Avec la complicité de quelques employés de la mairie, ils s'arrangeaient à octroyer des places à certains commerçants et leur prélévaient 1000 FCFA par jour. Notons que nous sommes plus de 500 vendeurs de téléphones portables dans cet endroit", a expliqué Mohamed-Lamine Diomandé.


Cri de coeur de Mohamed-Lamine Diomandé

"En tant qu'association, nous voulons créer un marché de vente de téléphones portables dans la commune d'Abobo comme ça existe notamment dans les commune d'Adjamé, de Treichville et de Koumassi. Nous demandons aux autorités municipales de faire en sorte que nous, jeunes d'Abobo, nous puissions sortir de cette situation précaire de la vente de rue. Nous voulons changer de comportement. Nous savons qu'avec les ambitions du maire Hamed Bakayoko, l'image de la commune d'Abobo sera redorée", espère Mohamed-Lamine Diomandé. Pour lui, tout se passe comme ci ces personnes défiaient l'autorité de la mairie. "Que les autorités prennent leurs responsabilités pour mettre hors d'état de nuire ces jeunes. Nous voulons enlever les jeunes dans la rue. C'est vrai, lorsque tu fais 5 ou 10 ans dans un endroit, tu as un certain confort et tu as peur de partir ailleurs mais il nous faut nous organiser", insiste-il.