Cameroun : La chasse aux fonctionnaires fictifs s'intensifie

L'Etat dépense des dizaines de milliards chaque mois pour payer des faux agents publics. Il souhaite stopper ces énormes pertes..

Sale temps pour les fonctionnaires fictifs au Cameroun.
Par Ange Atangana
Publié le 18 août 2019 à 18:35 | mis à jour le 18 août 2019 à 18:35

Les autorités camerounaises ont annoncé qu’un nouveau système entre en vigueur pour s’attaquer au phénomène des fonctionnaires fictifs. Ceux-ci font perdre des milliards de francs à l’Etat chaque mois.

Les fonctionnaires fictifs dans le viseur de l’Etat du Cameroun.

Selon des récentes données du ministère des Finances camerounais, une somme de près de 30 milliards de francs est versée chaque mois à des agents publics fictifs. C’est donc pour réduire cette charge et lutter contre les fonctionnaires fictifs que les autorités camerounaises ont adopté un nouveau système pour détecter les faux comptes approvisionnés chaque mois.

Après quatre années de test, le ministère des Finances a mis sur pied le système de télé compensation en Afrique centrale (SYSTAC). Celui-ci remplace le système de gros montants automatisé (SYGMA) en vigueur depuis 12 ans. Le SYGMA avait montré ses limites et favorisait la rémunération des fonctionnaires fictifs. Une convention a été signée entre le ministère et les responsables de certaines banques le 14 août dernier pour l’entrée en vigueur du SYSTAC.

Contrairement au SYGMA, le SYSTAC permettra d’approvisionner chaque compte individuellement. Jusqu’ici, un seul virement d’un montant unique était effectué dans chaque banque domiciliaire des relevés d’identité bancaire des bénéficiaires. Le montant était ensuite reparti dans ses différents comptes à partir d’une clé. Ce qui ne permettait pas d’avoir une véritable traçabilité des fonds versés.

Pour rappel, c’est en 2018 que l’administration camerounaise a densifié sa lutte contre les fonctionnaires fictifs à travers l’opération de comptage physique du personnel de l’Etat (COPPE). Selon le ministère des Finances, cette opération a permis de débusquer plus de 10 000 salariés fictifs.



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