Simone Gbagbo déchire la nouvelle CEI proposée par Ouattara
Depuis Zaïbo, dans le haut Sassandra, où elle animait un meeting, jeudi 5 septembre 2019 en fin d’après midi, Simone Gbagbo, épouse de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, a appelé à une réforme en profondeur de la Commission électorale indépendante (CEI).
Nouvelle CEI : Ce que Simone Gbagbo demande au pouvoir Ouattara
Les débats autour de la reforme de la commission électorale font rage à quelque 13 mois de l’élection présidentielle de 2020. Présente dans le haut Sassandra dans le cadre de sa tournée de promotion de la paix et de la réconciliation nationale qu’elle a initiée depuis quelques semaines, l’ex-première dame Simone Gbagbo a appelé à une reforme en profondeur de l’institution en charge de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire. À l’écouter, la nouvelle CEI telle que proposée par le gouvernement ivoirien ne saurait garantir la tenue d’élections apaisées en Côte d’Ivoire, comme souhaité par la quasi-totalité des populations ivoiriennes.
Pour se justifier, la vice-présidente du Front populaire ivoirien tendance Laurent Gbagbo, a ressassé les malheureux évènements de l’élection présidentielle de 2010 qui, on le sait, furent les plus violents que la Côte d’Ivoire n’ait jamais connus. « En 2010, on nous a imposés des textes et une CEI mal formés. Nous tous on sait où ça nous a envoyés», a rappelé Simone Gbagbo. Estimant que le texte qui a été voté par les deux chambres du Parlement puis promulgué par le chef de l’État, « n’est pas le bon texte ».
« Il faut retourner ce texte », a-t-elle préconisé. Avant de lancer un vibrant appel aux tenants du pouvoir. « Nous appelons aux discussions et au dialogue. Nous devons réformer les textes qui organisent les élections. Nous devons réformer le listing électoral. Nous devons revoir le découpage électoral. Il faut que nous ayons le même nombre de députés à l’Assemblée nationale. Le découpage électoral même doit être refait car nous avons les mêmes droits », a déclaré Simone Gbagbo.
La question de la reforme de la commission électorale indépendante constitue une véritable pomme de discorde entre camp présidentiel et opposition politique ivoirienne. Selon l’opposition, la mouture de cette institution telle que proposée est largement inféodée au pouvoir en place.
Dans la perspective de garantir la tenue d’élections crédibles, transparentes et paisibles, soutient l’opposition, il est du devoir du régime en place, de se conformer aux exigeances de l’arrêt de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples de novembre 2016, entre autres, la reforme en profondeur et de façon consensuelle de la CEI.
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