Blanchiment de capitaux : la Côte d’Ivoire toujours présente sur la liste grise
La Côte d’Ivoire intensifie ses efforts pour sortir de la liste grise de surveillance renforcée en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Ces efforts sont d’ailleurs reconnus par le Groupe d’action financière (GAFI) qui salue la mise en œuvre des réformes recommandées. Mais pour le moment, le pays est maintenu sur la liste grise. Contrairement aux affirmations contenues dans des publications sur les réseaux sociaux, la session du GAFI tenue en juin dernier n’a pas consacré la sortie de la Côte d’Ivoire de la liste des pays sous surveillance renforcée.
Lutte contre le blanchiment de capitaux : la Côte d’Ivoire doit redoubler d’efforts
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À ce jour, le GAFI n’a pas notifié la sortie de la Côte d’Ivoire de la liste grise. Il est vrai que le GAFI a salué la mise en œuvre des réformes pour renforcer le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux en Côte d’Ivoire, mais l’évaluation n’a aucunement abouti à la révision du classement de la Côte d’Ivoire. La réunion du Groupe d’action financière sur le blanchiment de capitaux (Gafi) tenue du 15 au 19 juin 2026 à Paris a permis de réviser la liste. Seules l’Algérie et la Namibie ont quitté la liste grise.

Sur la plateforme du GAFI, consultée ce mercredi 8 juillet 2026, la Côte d’Ivoire figure toujours sur la liste grise des pays sous surveillance renforcée. Cinq autres pays africains y sont également toujours présents : la République démocratique du Congo, le Cameroun, le Soudan du Sud, l’Angola et le Kenya.
La Côte d’Ivoire inscrite depuis octobre 2024
La Côte d’Ivoire figure sur cette liste depuis octobre 2024. Elle paraît moins grave que la liste noire, mais elle est de nature à baisser la crédibilité de la signature financière du pays. C’est pourquoi, dès son inscription sur cette liste, « la Côte d’Ivoire a pris un engagement politique de haut niveau pour collaborer avec le GAFI et le GIABA afin de renforcer l’efficacité de son dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) ». « Lors de sa session plénière de juin 2026, le GAFI a initialement constaté que la Côte d’Ivoire avait substantiellement achevé son plan d’action et justifiait une évaluation sur place pour vérifier que la mise en œuvre des réformes LBC/FT avait débuté et se poursuivait, et que l’engagement politique nécessaire était maintenu pour assurer la pérennité de cette mise en œuvre », lit-on dans la note d’information sur le site du GAFI.
Pour répondre aux recommandations du GAFI, la Côte d’Ivoire a entrepris les six réformes majeures suivantes :
- renforcement du recours à la coopération internationale dans les enquêtes et les poursuites relatives au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme ;
- amélioration de la mise en œuvre de la supervision fondée sur les risques des institutions financières et des entreprises et professions non financières désignées, et réalisation de campagnes de sensibilisation pour améliorer la conformité ;
- amélioration de la vérification et de l’accès aux informations de base et aux informations sur la propriété effective des personnes morales et application de sanctions en cas d’infraction ;
- renforcement de l’utilisation du renseignement financier par les autorités chargées de l’application de la loi et amélioration de sa diffusion par la cellule de renseignement financier.
- démontrer une augmentation soutenue du nombre d’enquêtes et de poursuites de différents types en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme, conformément au profil de risque du pays ;
- renforcer le cadre des sanctions financières ciblées.
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Sur le plan de la répression, le Pôle pénal économique et financier a intensifié ses actions contre le blanchiment de capitaux. Plusieurs dossiers d’envergure, impliquant des personnalités politiques et de grands noms des réseaux sociaux, ont été traités avec rigueur. Le dossier Apoutchou National est un exemple.
Récemment, le pasteur Wilfried Zahui a été épinglé pour des soupçons de blanchiment à la suite d’une vidéo virale qui montre des véhicules de luxe garés dans son domicile. Il est actuellement placé sous contrôle judiciaire et devra se justifier. « Le parquet financier ne laissera personne saborder, de quelque manière que ce soit, l’effort collectif, déployé sans relâche depuis octobre 2024, pour replacer la Côte d’Ivoire dans le concert des nations sûres », a indiqué le procureur Jean-Claude Aboya dans une sortie médiatique en juin dernier.
Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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