Condamné à 20 ans de prison, Blé Goudé met la pression sur Abidjan

Charles Blé Goudé, président du COJEP
Par Jean Kelly Kouassi
Publié le 17 janvier 2020 à 17:50 | mis à jour le 17 janvier 2020 à 17:50

L’ancien chef de la galaxie patriotique, Charles Blé Goudé, exige des juges du tribunal correctionnel d’Abidjan, qu’il lui soit signifié la décision de sa condamnation par contumace à 20 ans de prison.

Charles Blé Goudé met la pression sur les juges du Tribunal criminel d' Abidjan

L’annonce de sa condamnation par contumace le 30 décembre 2019 par le tribunal correctionnel d’Abidjan avait suscité une vague d’indignation au sein de la classe politique ivoirienne. Le concerné, Charles Blé Goudé, ancien ministre ivoirien de la jeunesse dont le procès est en cours à la Cour pénale internationale (CPI), dénonce ‘’un harcèlement judiciaire'' contre sa personne.

«Au moment où je vous parle, ni moi, ni aucun de mes avocats ne s’est vu signifier cette décision qui concerne ma vie et qui me condamne », a confié, vendredi 17 janvier 2020, à La Haye, l’ancien leader de la galaxie patriotique lors d’une interview accordée à des journalistes ivoiriens vivant en hexagone.

Il a, à l’occasion, révélé avoir demandé au juge président du tribunal correctionnel d’Abidjan, que lui soit signifiée la décision de sa condamnation prononcée par contumace, lundi 30 décembre 2019. « Il m’est inconcevable d’apprendre la décision de ma condamnation par voie de presse », a-t-il fait savoir. Et Charles Blé Goudé de poursuivre : « Ils ont le droit de délibérer et de décider mais ils n’ont pas le droit de me priver de mon droit de recours », argue-t-il.

Le président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP) assure avoir écrit cette lettre parce que la loi lui donne le droit de recourir à une juridiction supérieure à celle qui a prononcé sa condamnation. « Je lui demande de me signifier la décision pour que le débat de fond ait lieu », justifie-t-il. Non sans ajouter qu'il portera l'affaire devant les juridictions internationales, notamment la CPI, la Cour africaine des droits de l'homme, et également devant la Cour européenne de Justice.


Pour rappel, Charles Blé Goudé a été condamné par la justice ivoirienne à 20 ans de prison, 10 ans de privation de ses droits civiques et à 200 millions de francs CFA d'amende pour des « actes de torture, homicides volontaires et viol »; des faits qui remonteraient à la crise post-électorale de 2010-2011.