Drame à Beyrouth: Un cargo russe à la base des explosions

La colère monte à Beyrouth après la double explosion
Par Abraham KOUASSI
Publié le 07 août 2020 à 13:17 | mis à jour le 07 août 2020 à 13:21

145 morts et 5000 blessés, c’est le bilan des explosions survenues mardi à Beyrouth, capitale du Liban. Selon les premières informations, la cargaison d’un navire-cargo russe serait à la base de ce drame qui a ravagé la ville.

Le Rhosus à l’origine du drame à Beyrouth

Passés les moments de stupeur, l’heure est désormais aux explications à Beyrouth. Frappée par une double explosion, la capitale du Liban déplore selon un dernier bilan, 145 morts et 5000 blessés. Selon les premières informations, le nitrate d’ammonium responsable du drame était chargé sur le Rhosus, un navire de fabrication russe en mauvais état qui était présent dans le port de Beyrouth depuis 2013, soit 7 ans.

Propriété d’un homme d’affaires russe, le cargo battant pavillon moldave aurait dû quitter le port de la capitale libanaise depuis longtemps. « Je suis désolé pour les gens. Mais ce sont les autorités locales libanaises qui doivent être punies. Elles ne se sont pas du tout inquiétées pour la cargaison », a déclaré à l’agence Reuters Boris Prokochev, capitaine du Rhosus en 2013.

Selon le marin, le bateau transportait 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium de la Géorgie vers le Mozambique et aucun arrêt à Beyrouth n’était prévu. « La cargaison était hautement explosive. C’est la raison pour laquelle elle est restée à bord pendant que nous y étions. Ce nitrate d’ammonium était très concentré », se souvient Boris Prokochev.

Grosse colère à Beyrouth

Au sein de la population de Beyrouth et de tout le Liban, la colère gronde. Si les autorités ont décidé d’assigner à résidence l’ensemble des responsables du port, la foule en veut à ses dirigeants. Sur les réseaux sociaux et dans les rues ravagées de la ville, les populations, en majorité les jeunes exigent qu’on leur rende des comptes.


Déjà plongé dans une crise économique terrible, le Liban fait aussi face à l’impopularité de sa classe politique. Accusée d’être « corrompue et négligente », l’élite dirigeante du pays du Cèdre est de plus en plus contestée.

En visite à Beyrouth, le président français Emmanuel Macron a pu constater cette grogne. Le locataire de l’Elysée qui a assuré comprendre cette colère a réaffirmé que son pays serait aux côtés du Liban dans cette période délicate.




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