Ouattara interpellé sur les enlèvements, agressions et violences graves

Ouattara interpellé sur les enlèvements, agressions et violences graves
Par David Yala
Publié le 16 septembre 2020 à 12:51 | mis à jour le 16 septembre 2020 à 12:52

L’ONG Vivre Sans Violence (VSV) a interpellé le chef de l’Etat sortant, Alassane Ouattara sur la responsabilité qui est la sienne, à préserver un climat de paix et de sécurité aux populations, en particulier aux militants et sympatisans de l’opposition, au regard de la vague de violence née à la faveur de sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre prochain. Ci-dessous l’intégralité du message adressé par la présidente Nathalie Kouakou au président Ouattara.

L’ONG Vivre Sans Violence (VSV) à Ouattara: " Faites arrêter les enlèvements, les agressions, les violences graves entrainant perte en vie humaine et destructions de biens"

Vivre Sans Violence est une Organisation de la société civile qui œuvre sans relâche pour la paix et la non violence, dont la mission consiste à promouvoir l’Etat de droit, la bonne gouvernance, les droits humains et la démocratie participative. A quelques semaines de l’élection présidentielle du 31 octobre 2020, les indicateurs sont de plus en plus alarmants en Côte d’Ivoire. En dépit des assurances données par le président Alassane Ouattara, indiquant que ces élections seront apaisées, les tensions préélectorales de ces derniers jours attestent d’un lendemain très inquiétant. En effet, les marches éclatées de l’opposition, les 13 et 21 août 2020, en protestation au 3ème mandat du Président Ouattara ont été émaillées de violences. Il s’en est suivi des morts, des blessés et de nombreux dégâts matériels à Bonoua, Daoukro, Gagnoa, Divo, Abidjan, pour ne citer que ces villes.

Après un temps d’accalmie observé, des informations récurrentes font état d’enlèvements et d’agressions de personnes par des individus encagoulés non identifiés. Selon les informations qui nous sont parvenues, suite aux manifestations organisées par les partis d’opposition pour protester contre un éventuel 3e mandat d’Alassane OUATTARA, un affrontement a eu lieu entre des manifestants et des personnes s’opposant aux manifestations à Gagnoa. Au cours de cet affrontement, l’on a enregistré de nombreuses victimes, notamment Azot Yannick qui a été tailladé et laissé pour mort comme en témoignent les nombreuses publications sur les réseaux sociaux.

Après des soins, celui-ci a pu regagner son domicile. Suite à ces évènements, la Vice-Présidente du FPI, Madame Simone Ehivet GBAGBO a rendu une visite de compassion aux victimes des violences le samedi 12/09/2020 à Gagnoa. Azot Yannick a pris la porte-parole au nom des victimes. Au lendemain de cette visite, soit le dimanche 13/09/2020, des individus encagoulés à bord de 2 véhicules de type 4×4 et d’un pickup ont fait éruption au domicile de Azot Yannick sis au quartier Zapata à Gagnoa et l’ont enlevé.

De plus, d’autres informations faisaient état de l’agression de Douyou Nicaise, plus connu sous le nom de Samba David, Coordonnateur de la Coalition des indignés de Côte d’Ivoire (CICI). Il a été poignardé par des individus, qui ont fait irruption dans son bureau sis à Yopougon Port-Bouët 2, dans la soirée du dimanche 13 septembre 2020. Les images de cette agression ont largement été diffusées sur les réseaux sociaux. Ces actes constituent des atteintes graves aux droits à la vie, à la sécurité, à la dignité, à l’intégrité physique et mentale, et aux libertés individuelles marquant ainsi l’incapacité de l’état a protégé la vie des citoyens, à garantir leur sécurité.

En laissant prospérer des groupes d’individus encagoulés qui s’adonnent à des missions relevant de la prérogative de la police nationale et de la gendarmerie, l’état de Côte d’Ivoire expose à l’insécurité humaine, l’opposition, la société civile, tous les leaders d’opinion et la population. C’est pourquoi, VSV dénonce et s’insurge contre toutes ces formes de violences et les condamne avec fermeté. En conséquence, VSV rappelle ▪ Au Gouvernement ivoirien et à Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire,

Que la Constitution stipule :

Article 1 : « L’Etat de Côte d’Ivoire reconnait les droits, les libertés et les devoirs énoncés dans la présente Constitution. Il s’engage à prendre toutes les mesures nécessaires pour en assurer l’application effective ».

Article 2 : « La personne humaine est sacrée. Les droits de la personne humaine sont inviolables. Tout individu a droit au respect de la dignité humaine et à la reconnaissance de sa personnalité juridique.

Article 3 : « Le droit à la vie est inviolable. Nul n’a le droit d’ôter la vie à autrui… »

Article 7 : « Nul ne peut être poursuivi, arrêté, gardé à vue ou inculpé, qu’en vertu d’une loi promulguée antérieurement aux faits qui lui sont reprochés. Nul ne peut être arbitrairement arrêté, poursuivi ou détenu. Toute personne arrêtée ou détenue a droit à un traitement humain qui préserve sa dignité. Elle doit être informée immédiatement des motifs de son arrestation ou de sa détention et de ses droits, dans la langue qui lui est compréhensible…. »

Article 8 : « Le domicile est inviolable. Les atteintes ou restrictions ne peuvent y être apportées que par la loi. »

Article 54 :« Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il incarne l’unité nationale. Il veille au respect de la Constitution….».

En conséquence, Vivre Sans Violence formule les recommandations suivantes :

▪ Au Président de la république, chef de l’Etat, de mettre tout en œuvre pour :

▪ Arrêter les enlèvements, les agressions, les violences graves entrainant perte en vie humaine et destructions de biens ;

▪ Mettre fin aux actions des groupes de personnes encagoulés non identifiables,

▪ garantir un climat social et politique apaisé sur l’ensemble du territoire,

▪ protéger toutes les personnes contre les violations de leurs droits et libertés,

▪ mettre fin à l’usage excessif de la force par les forces de l’ordre dans l’accomplissement de leur mission de maintien d’ordre ;


▪ que tous les auteurs d’infractions soient interpellés et subissent la rigueur de la loi.

▪ Aux organisations de la société civile

▪ de prendre la pleine mesure de cette période critique que traverse notre pays, caractérisée par des violences croissantes, un langage polémique partisan et des stratégies électoralistes.

▪ De se mobiliser et d’agir, dans le respect des lois, pour protéger la vie des leaders d’opinion et des activistes ainsi que celle des populations en général

▪ continuer à faire respecter les principes édictés par les normes nationales et supranationales visant à promouvoir et à faire respecter les droits de l’homme et les libertés publiques.

▪ A la communauté Internationale

VSV exhorte la Communauté Internationale à s’impliquer davantage pour garantir la paix, le droit à la vie et à la dignité au peuple de Côte d’Ivoire.

Fait à Bingerville, le 15/09/2020

La Présidente Fondatrice




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