Centrafrique: État d’urgence décrété, un renfort de casques bleus souhaité

RCA/Etat d’urgence: 3.000 casques bleus supplémentaires avec des moyens aériens réclamés
Par Eugène SAHI
Publié le 22 janvier 2021 à 17:02 | mis à jour le 22 janvier 2021 à 17:05

Un État d’urgence de quinze jours en République de la Centrafrique menacée par des groupes armés où l’émissaire de l’ONU veut une hausse « substantielle » des casques bleus.

RCA - État d’urgence: 3.000 casques bleus supplémentaires avec des moyens aériens réclamés

Les autorités centrafricaines ont décrété jeudi l'état d'urgence pour 15 jours sur l'ensemble du territoire, suite à un conseil des ministres. Le couvre-feu a été décrété alors que l'émissaire de l'Onu en RCA, Mankeur Ndiaye, a réclamé au Conseil de sécurité une augmentation du nombre de Casques bleus déployés dans le pays après les récentes offensives rebelles.

Le président centrafricain Faustin Archange Touadera a expliqué qu'un contrôle renforcé est nécessaire pour ramener l'ordre après les attaques des rebelles contre plusieurs villes centrafricaines depuis le 19 décembre 2020.

Dans un communiqué lu à la radio nationale, jeudi soir, les autorités centrafricaines ont expliqué avoir signé ce décret qui confère des pouvoirs accrus au gouvernement pendant 15 jours, suivant les dispositions de la Constitution.

Ce décret crée des « mesures importantes et urgentes pour maintenir l'ordre, garantir la sécurité et assurer le bon fonctionnement de l'Etat», ont-elles justifié.

Cet état d’urgence qui prend effet « à compter du 21 janvier 2021 à minuit » est proclamé « sous rapport du ministre de la défense, après avis du conseil des ministres, du bureau de l’Assemblée nationale et du président de la Cour constitutionnelle », selon la loi 2019 « relative à la gestion des crises ».

D’après l’article 13 de la constitution centrafricaine, un état d’urgence peut être décrété « lorsque les institutions de la République, l'exécution de ses engagements sont menacés d'une manière grave et immédiate, et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics constitutionnels est interrompu ».

Au terme des quinze premiers jours, l'Assemblée nationale devra se prononcer sur un éventuel prolongement de l'état d'urgence entré en vigueur jeudi 21 janvier. Pour rappel, la Centrafrique est plongée dans une crise sécuritaire qui implique différents acteurs depuis 2013.


Des groupes armés règnent sur les deux tiers du pays et défient régulièrement le pouvoir central présidé par Faustin Archange Touadéra, en place depuis 2016 et réélu le 27 décembre 2020 dans un climat d'incertitudes.

Le 13 janvier 2021, les rebelles constitués en coalition de six groupes armés, ont semé la terreur, en prenant d'assaut la capitale Bangui, une première depuis 2013.

Cette attaque repoussée par les Casques bleus de la Minusca, force d'interposition de l'ONU, et par les forces armées centrafricaines (FACA), a fait un mort chez les Casques bleus, et au moins une dizaine parmi les assaillants.






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