Amnesty International s’est prononcée jeudi 26 août 2021 sur les interdictions de sortie de la Tunisie, frappant plusieurs personnalités du pays depuis juillet. L’organisation non gouvernementale (ONG) a jugé que les mesures prises par les autorités tunisiennes sont « arbitraires » et « illégales ».
Amnesty International épingle Kaïs Saïed
Dans un communiqué publié sur son site internet officiel, Amnesty International a appelé le régime de Kaïs Saïed à mettre fin à toutes les « interdictions arbitraires » de sortie de la Tunisie qui visent plusieurs Tunisiens depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel président le 25 juillet 2021. « Au cours du premier mois depuis son accession à des pouvoirs exceptionnels, le président tunisien Kais Saied a largement utilisé les interdictions arbitraires de voyager en Tunisie en dehors des cadres judiciaires », peut-on lire dans un communiqué publié mercredi sur le site d’Amnesty International qui a invité le pouvoir tunisien à »respecter le droit des Tunisiens à la liberté de mouvement ».
Pour Heba Morayef, la directrice du bureau régional Moyen-Orient et Afrique d’Amnesty International, « la suspension indéfinie du Parlement par le président Saïed ne peut servir d’excuse pour violer les droits et libertés dans le pays ou porter atteinte au système judiciaire ».
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Il faut rappeler que depuis juillet 2021, le président tunisien Kaïs Saïed a pris des mesures exceptionnelles, notamment le gel des activités du Parlement tout comme la levée d’immunité des députés. D’ailleurs, le 16 août 2021, il a répondu à ses détracteurs à propos de l’interdiction de voyager prise à l’encontre de leaders de la société civile et de membres de partis politiques. Le dirigeant tunisien a expliqué que la liberté de mouvement en Tunisie est « garantie par la Constitution et les normes internationales ».
Toutefois, Kaïs Saïed a mentionné qu’il s’agissait plutôt d’empêcher des individus soupçonnés de corruption ou d’être une menace pour le pays de quitter la Tunisie.
