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Après Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon : L’avenir d’Alassane Ouattara condamné ?

Patrice Dama
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Marine Le Pen - Alassane Ouattara et Jean-Luc Mélanchon
Marine Le Pen – Alassane Ouattara et Jean-Luc Mélanchon

Le Président Alassane Ouattara est dans l’œil du cyclone en France, où, comme de nombreux dirigeants africains estampillés amis de la France, il pourrait être rejeté à la fin de son règne. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, les deux favoris à la prochaine élection présidentielle de 2027, sont déjà lancés à sa chasse sur fond de justice.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, les anti-Ouattara de la politique française

Dans les bonnes grâces de la France de Nicolas Sarkozy à François Hollande et maintenant Emmanuel Macron, Alassane Ouattara est en train d’observer un retournement de situation défavorable. Les deux favoris à l’élection présidentielle de 2027 en France, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, se dressent tour à tour contre lui pour l’impunité dans laquelle il baignerait avec des soldats qui l’ont porté au pouvoir.

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En effet, en 2011, le Président Alassane Ouattara a pris le pouvoir des mains de son prédécesseur Laurent Gbagbo après une dernière bataille à Abidjan qui a fait 3000 morts. Si Laurent Gbagbo a passé 9 ans à la Cour Pénale Internationale (CPI) avant d’être innocenté, le camp Alassane Ouattara, l’autre partie belligérante, n’a jamais comparu pour faire la lumière sur son éventuel rôle dans l’extinction de ces 3000 vies.

Comme les Procureurs de la CPI, le Président Alassane Ouattara avait affirmé que des poursuites seraient engagées contre des personnes identifiées dans son camp comme potentiels auteurs de nombreux assassinats. Plusieurs organisations internationales ont d’ailleurs documenté les crimes de la rébellion alliée d’Alassane Ouattara. Plusieurs chefs de guerre nommés par l’actuel Président ivoirien à la tête de l’armée nationale figurent en tête des différents rapports.

Quand Marine Le Pen exige que soit poursuivi Alassane Ouattara

Marine Le Pen avait d’ailleurs fait une sortie dans laquelle elle exigeait que soit jugé M. Alassane Ouattara. « Amnesty International considère que les armées de Monsieur Ouattara se sont rendues coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité », affirmait Marine Le Pen avant d’être interrompue par le journaliste disant « Monsieur Ouattara n’est pas poursuivi par la Justice Internationale ».

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L’actuel patronne du Rassemblement National avait répondu : « Mais justement, le sera-t-il ? C’est toute la question de savoir si nous ne sommes pas toujours dans la justice des vainqueurs et si les intérêts qui sont en jeu correspondent vraiment à des intérêts de justice. Nous verrons donc si Monsieur Ouattara va répondre des crimes qui ont été incontestablement commis par son camp. »

La sortie anti-Ouattara de Jean-Luc Mélenchon qui confirme la menace

Le 6 novembre 2025, Jean-Luc Mélenchon, l’autre candidat favori à l’élection présidentielle de 2027 en France, s’en était pris à Alassane Ouattara pour ses manœuvres d’écartement de ses adversaires politiques à la présidentielle de la même année en Côte d’Ivoire. Lors de sa conférence intitulée « Le moment politique », Jean-Luc Mélenchon pointait Alassane Ouattara dans son panorama des crises démocratiques qui conduisent à l’instabilité dans différents pays.

« Alassane Ouattara a réussi avant l’élection une performance électorale qu’il faut saluer. C’est-à-dire éliminer tous ses concurrents en leur interdisant d’être candidat. Comme ça le problème a été réglé », déclarait le leader de l’opposition française avant de citer les victimes de cette politique que sont, selon lui, l’ex-Président « Laurent Gbagbo » et « Tidjane Thiam ».

Pour lui, la réélection de l’actuel Président ivoirien pour son 4e mandat est « absolument anticonstitutionnelle ».

Maurice Bandaman, que recherche-t-il vraiment ?

Cette lourde critique du leader de la gauche française était pratiquement rangée aux oubliettes avant que M. Maurice Bandaman, l’ambassadeur de la Côte d’Ivoire en France, complètement décalé de la réalité, ne relance la polémique par un communiqué surréaliste. Il annonce dans celui-ci de possibles poursuites de ses services contre le fondateur du parti La France insoumise (LFI).

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L’on se demande dans quel tribunal il pourrait engager cette pseudo-poursuite contre le politicien français et sur quelle base ?

Cette polémique inutilement réveillée se retourne contre le régime d’Abidjan qui, dans les faits, est coupable de n’avoir jamais, malgré les promesses du président Alassane Ouattara, traduit devant la justice les personnalités de son camp épinglées par les ONG internationales pour leurs responsabilités supposées dans les crimes massifs dénombrés en Côte d’Ivoire.

Alassane Ouattara comme Mobutu Sese Seko et Oumar Bongo ?

Avec ces positions tranchées de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon, il plane une menace sur l’avenir d’Alassane Ouattara, surtout en cas de prise du pouvoir par un de ces deux leaders politiques en France. Dans ce cas, l’histoire de ces leaders politiques africains vomis par la France après plusieurs décennies de parfaite complicité se répéterait.

L’ex-Président de la RDC, Mobutu Sese Seko, n’avait même pas pu être accepté par la France pour se faire soigner lorsqu’il était malade. Il possédait pourtant de nombreuses résidences en France et à Monaco.

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Le parrain de la France-Afrique, l’ex-président gabonais Omar Bongo, installé au pouvoir par le général de Gaulle et Jacques Foccart, n’avait pas non plus été accepté par la France au soir de sa vie, alors qu’il y possédait lui aussi de nombreuses résidences et qu’il était un des principaux donateurs de l’Hôpital Américain de Paris.

Omar Bongo, s’éteindra à son tour dans une clinique en Espagne le 8 juin 2009. Accusé de biens mal acquis, une partie de son immense fortune est aujourd’hui introuvable.

Avec l’inimitié déclarée contre ses méthodes par les deux leaders politiques français, Alassane Ouattara, aujourd’hui âgé de 84 ans et au début de son quatrième mandat présidentielle en Côte d’Ivoire, pourrait ajouter son nom sur la liste des dirigeants africains rejetés par la France. Il réside pourtant une partie de l’année dans ce pays, y compris pour ses soins médicaux.

Rédigé par

Patrice Dama

Je suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.

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