Bassirou Diomaye Faye : dissoudre l’Assemblée de Sonko le 2 décembre ?
À partir du 2 décembre 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye retrouve le droit de dissoudre l’Assemblée nationale, que préside son ancien Premier ministre Ousmane Sonko. À sept semaines de l’échéance, le chef de l’État laisse planer le doute sur des législatives anticipées.
La date n’a rien d’anodin. La quinzième législature a été installée le 2 décembre 2024, après les législatives anticipées du 17 novembre remportées par le Pastef avec 130 sièges sur 165. Or l’article 87 de la Constitution interdit toute dissolution au cours des deux premières années d’une législature. Le verrou saute donc dans quelques semaines.
Bassirou Diomaye Faye va-t-il dissoudre l’Assemblée nationale ?
Le président n’a rien annoncé. Interrogé le 24 septembre à New York par RFI et France 24, il a refusé de s’interdire quoi que ce soit : « Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? » Sa décision dépendra, selon lui, du contexte. « Le moment venu, selon ce qu’on aura en face, on décidera. »
Ce qu’il aura en face, c’est un hémicycle tenu par le parti qu’il a cofondé avec Ousmane Sonko. Limogé de la Primature à la fin du mois de mai, Sonko a été élu le 26 mai 2026 quatorzième président de l’Assemblée nationale, à la place d’El Malick Ndiaye. Le duo qui avait porté l’alternance de 2024 se retrouve séparé par la place Soweto.
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Ousmane Sonko et le Pastef, premier test au budget
Dans le même entretien, Diomaye Faye a parlé de « divergences persistantes » et d’une « rupture de confiance » avec son ancien allié, sans réduire la séparation au seul dossier du FMI. Il a aussi répondu par avance à un éventuel rejet de la loi de finances rectificative par les députés du Pastef : « Chacun assume ses responsabilités et le peuple arbitre. » Une phrase qui sonne comme un avertissement, puisque l’arbitre en question, ce sont les électeurs.
Le calendrier budgétaire rend la fin d’année délicate. Le gouvernement doit faire adopter ses textes financiers devant une majorité qui ne lui est plus acquise, alors que le pays reste sous la pression de sa dette. Un blocage des députés offrirait au président l’argument d’une crise institutionnelle pour renvoyer les Sénégalais aux urnes.
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Des législatives anticipées, un pari risqué
Des voix poussent déjà le chef de l’État à franchir le pas. Talla Sylla, ancien maire de Thiès et président du mouvement Tawféex, lui a demandé dans une lettre ouverte de s’inscrire dans la perspective d’une dissolution dès décembre, pour laisser les citoyens trancher la nouvelle configuration politique. Le président a toutefois rappelé que la seule chose qu’il pourrait trahir, « c’est mon serment », en réponse aux anciens camarades qui l’accusent de trahison.
Le pari comporte une inconnue de taille. Rien ne garantit qu’un nouveau scrutin affaiblirait le Pastef, qui avait raflé près de huit sièges sur dix il y a deux ans. Une dissolution suivie d’une victoire de Sonko placerait Diomaye Faye face à une majorité hostile, cette fois renforcée par les urnes. Retrouvez toute l’actualité politique du Sénégal dans notre rubrique Dakar.
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Rédigé par
Patrice DamaJe suis Patrice Dama, journaliste et analyste politique passionné. À travers mes chroniques sur Afrique sur 7, je propose un regard critique et engagé sur l’actualité, afin d’éclairer les grands enjeux politiques et sociétaux du continent. Suivez-moi pour découvrir mes analyses et mes prises de position sur les débats qui façonnent notre époque.
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