Abidjan : actualité ivoirienne, la Côte d'Ivoire en live

Urbanisation en Côte d’Ivoire : 1 franc investi, plus de 4 gagnés

Maxime Ledou
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Urbanisation en Côte d'Ivoire : vue aérienne du Plateau à Abidjan
Photo : DR

L’urbanisation en Côte d’Ivoire doit devenir un moteur de croissance et d’emplois, a plaidé le Premier ministre Robert Beugré Mambé le jeudi 29 octobre 2026 à Abidjan, au lancement du rapport de la Banque mondiale sur l’essor des villes d’Afrique subsaharienne. Plus de 55 % des Ivoiriens vivent désormais en ville.

Le chef du gouvernement a choisi un chiffre pour convaincre. « Un franc investi dans le logement et l’aménagement urbain génère plus de quatre francs dans l’économie », a-t-il affirmé devant ministres, élus locaux, bailleurs et patrons réunis pour l’occasion.

Urbanisation en Côte d’Ivoire : que dit le rapport de la Banque mondiale ?

Le document s’intitule « L’éveil urbain de l’Afrique subsaharienne, catalyser la croissance économique et la création d’emplois ». Ses projections donnent le vertige : la population urbaine de la région est passée de 170 millions d’habitants en 1975 à 913 millions en 2025. Elle devrait atteindre 1,7 milliard en 2050, soit 748 millions de citadins supplémentaires en vingt-cinq ans.

Mark Roberts, économiste en chef à la Banque mondiale et coauteur du rapport, en tire une règle simple. « Aucun pays n’a jamais atteint le statut de pays à revenu élevé sans avoir également réussi sa transition urbaine », a-t-il déclaré.

Population urbaineAfrique subsaharienne
1975170 millions
2025913 millions
2050 (projection)1,7 milliard

Métro, BRT, pont de Loka : les chantiers mis en avant par Robert Beugré Mambé

Le Premier ministre revendique une stratégie d’anticipation. « Nous avons fait le choix stratégique de devancer la croissance urbaine plutôt que de la subir », a-t-il déclaré, en citant la voie de contournement Y4 et les ponts sur la lagune.

Pour la suite, il a égrené les grands projets : le métro d’Abidjan, le système de bus rapides (BRT), le pont de Loka, le franchissement du canal de Vridi et le futur train à grande vitesse vers le nord du pays, annoncé par le gouvernement au printemps. Nous avions détaillé ce dernier projet dans notre article sur le TGV annoncé par le gouvernement ivoirien.

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De 32 % à plus de 55 % de citadins en cinquante ans

Le basculement est déjà fait. Selon l’Agence nationale de la statistique, la Côte d’Ivoire comptait 32,8 millions d’habitants en 2025, dont plus de 17,8 millions en milieu urbain. Le ministre de l’Urbanisme, du Logement et du Cadre de vie, Moussa Sanogo, a rappelé que le taux d’urbanisation n’était que de 32 % en 1975.

Cette poussée crée des besoins considérables en logements, transports, eau potable, assainissement et énergie. Moussa Sanogo a présenté la planification comme un outil budgétaire, et non une simple formalité : elle sert, selon lui, à programmer les investissements et à maîtriser le coût futur de l’action publique.

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Qui financera les villes ivoiriennes de demain ?

C’est le nœud du dossier. Robert Beugré Mambé appelle à mobiliser davantage les ressources nationales et les capitaux privés, et à renforcer la capacité financière des collectivités territoriales. La Banque mondiale, par la voix de Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice des opérations pour la Côte d’Ivoire, le Bénin, la Guinée et le Togo, résume l’enjeu : « L’Afrique n’a pas un problème d’urbanisme, elle a un défi de production urbaine. »

Le cadre existe déjà : le Plan national de développement 2026-2030 fait de la structuration urbaine, de la mobilité et du cadre de vie des priorités. Reste à transformer les annonces en chantiers livrés. Les prochaines étapes du métro et du BRT seront à suivre dans l’actualité de la Côte d’Ivoire, avec les arbitrages budgétaires de 2027 attendus en fin d’année.

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