Bénin : l’inflation sous contrôle grâce au soulagement des marchés vivriers
Le Bénin parvient à stabiliser le coût de la vie en ce milieu de trimestre grâce à la vitalité de son secteur agricole national. L’Indice Harmonisé des Prix à la Consommation affiche une hausse mensuelle dérisoire de 0,1 % d’après l‘INStaD, un équilibre précaire qui s’explique par un bras de fer entre la flambée des gares routières et la décrue bienvenue des étals de produits agricoles locaux.
Bénin : des fractures territoriales majeures d’une commune à l’autre
Lire aussi : Agriculture au Bénin : le gouvernement encourage la transformation locale
Une analyse fine de la carte nationale révèle des trajectoires provinciales totalement opposées. Le Nord-Ouest du pays subit la plus forte surchauffe économique avec une poussée inflationniste de 3,5 % en glissement annuel. À l’autre extrême, la zone Sud-Centre enregistre un soulagement majeur avec un effondrement des prix de 3,2 % sur l’année. Les terminaux de ravitaillement en carburant reflètent ces violents écarts. L’essence de contrebande, le célèbre kpayo, s’échange à un tarif moyen de 749 francs CFA le litre sur l’ensemble du territoire.
Cependant, le consommateur de Porto-Novo s’en sort à 723 francs CFA chez son revendeur habituel, tandis que le budget des ménages s’asphyxie à Bohicon avec un prix culminant à 767 francs CFA. Cette surchauffe de l’or noir fait bondir les tarifs globaux de la division des transports de 1,0 % sur le mois, et de 11,3 % sur un an. Les compteurs d’électricité et les bouteilles de gaz suivent cette tendance avec une progression annuelle de 3,7 % sur les combustibles.
La baisse des récoltes locales pour désamorcer la crise énergétique
Que faut-il faire face à ce choc pétrolier ? Le salut des portefeuilles provient exclusivement du fléchissement des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées. Cette catégorie recule de 0,3 % sur un mois et de 2,8 % sur un an. Les vivres issus des cultures locales enregistrent une baisse salvatrice de 1,9 %, ce qui permet de compenser l’envolée de 4,7 % constatée sur les denrées importées. Ce reflux sur les marchés vivriers contient la dérive des indices. L’indice général grimpe à 102,8 en juillet contre 102,7 le mois précédent. Les calculs annuels confirment ce ralentissement de la hausse des prix. L’inflation moyenne s’établit ainsi à 0,5 % à la fin de l’exercice.
Lire aussi : Bénin : l’essence passe à 725 FCFA/L à la pompe
Cette statistique marquait encore 0,6 % au terme du mois de juin. Pour l’exécutif, l’inflation sous-jacente se stabilise à 100,8. La résilience des consommateurs béninois dépendra de la durabilité de cette embellie agricole face à un secteur des transports qui menace de fragiliser les équilibres financiers des foyers.
Articles similaires
Bénin : la NDP se réorganise après le décès de Juste Mitokpè
La Nouvelle Dynamique pour le Progrès (NDP) a réuni ses membres à Cotonou du 7 au 8 août 2026. Ce congrès a permis au mouvement…
Bénin : une alliance numérique stratégique se dessine avec l’Éthiopie
Le Bénin réorganise les axes de sa diplomatie technologique africaine autour d’un nouvel accord bilatéral. Envoyée spéciale à Addis-Abeba du 4 au 8 août 2026,…
Bénin : Patrice Talon de retour dans les arcanes du pouvoir, ce qu’il faut comprendre
Au Bénin, l’ancien président Patrice Talon est de retour sur la scène politique. Moins de trois mois après avoir passé la main au nouveau président…