Biographie Apoutchou National : cagnottes, prison et procès
La biographie Apoutchou National début par un sac rempli de liasses de billets, filmé et posté sur les réseaux sociaux en novembre 2024 : la vidéo devait impressionner, elle a conduit Apoutchou National en garde à vue puis en détention. Retracer la biographie d’Apoutchou National, c’est suivre un influenceur ivoirien qui a bâti sa notoriété sur les lives Facebook et les cagnottes solidaires, et qui doit aujourd’hui répondre de ses actes devant la justice.
L’essentiel à retenir : Apoutchou National s’appelle Stéphane Agbré. Il est le fils de l’actrice ivoirienne Bleu Brigitte et disait avoir 30 ans en 2020, sans que sa date de naissance exacte ait été rendue publique. Influenceur, chanteur et animateur de collectes en ligne, il a été condamné en première instance en 2026 à trois ans de prison ferme dans une affaire de blanchiment de capitaux, décision dont sa défense a annoncé faire appel.
Quel est le vrai nom d’Apoutchou National ?
Derrière le pseudonyme se trouve Stéphane Agbré. Le nom apparaît dans les communiqués judiciaires comme dans les présentations qu’il fait de lui-même. Sa mère, Bleu Brigitte, est comédienne et productrice, connue pour la série Les larmes de l’amour, primée en 2020 aux ZAFAA Global Awards d’Abuja.
Stéphane a parlé à plusieurs reprises de l’enfance difficile qu’ils ont partagée. Sa mère l’a eu à 18 ans, malgré les pressions de sa famille. Il raconte une expulsion pour loyers impayés et des nuits passées dans une église. « La vie de ma mère Brigitte Bleu n’a pas été facile », a-t-il confié lors d’un direct, en janvier 2021. Il se présente comme son « seul et unique garçon ».
Lire aussi : Santé de Bleu Brigitte : trois tumeurs opérées en France
Cariste en France, puis star des lives Facebook
Avant les caméras, il y a eu un emploi très concret. Installé en France, Stéphane Agbré travaillait comme cariste, au volant d’un chariot élévateur. Il a lui-même parlé d’« un métier très noble » qui lui permettait de joindre les deux bouts.
Sa page Facebook prend de l’ampleur autour de 2020. Ses vidéos, souvent virulentes, commentent l’actualité ivoirienne et la vie des stars. En juin 2020, il se rend à Château Rouge, quartier parisien très fréquenté par la diaspora, pour filmer un message sur la dure réalité de l’immigration après le naufrage d’une embarcation de jeunes Ivoiriens. Des compatriotes, furieux d’être exposés, l’encerclent. Il s’en sort de justesse. La France, disait-il dans cette vidéo, est « comme un désert où tu vas crier et personne ne va t’entendre ».
Le tournant financier, il le date lui-même : « Ma vie a changé en 2020, plus précisément décembre 2020 ». C’est le mois de son premier paiement lié aux lives Facebook. Il a depuis reconnu qu’il gagnait beaucoup d’argent sans être heureux, et qu’il avait cessé d’insulter en ligne pour soigner son image.
Apoutchou National et les cagnottes : un rôle de collecteur
Ce qui distingue Apoutchou National de bien des influenceurs, ce sont les collectes. Il mobilise régulièrement sa communauté pour des artistes malades ou en difficulté. En avril 2024, il lance à Abidjan l’AP Fondation, sa structure caritative. En juillet de la même année, il annonce vouloir construire à Man, ville de l’ouest à laquelle il se dit attaché, « le plus grand orphelinat d’Afrique » sur un terrain de 10 hectares. La première pierre était promise pour 2025 ; aucun chantier n’a été présenté publiquement depuis.
Ces opérations suscitent aussi des questions. En février 2026, lors d’une cagnotte au profit de Fortuné Akakpo, un don est attribué par erreur au rappeur Himra, qui dément. L’influenceur s’excuse et précise que Didi B a bien versé un million de FCFA.
Au printemps 2026, il lance l’opération « Une maison pour Bohiri », destinée à loger l’acteur de la série Ma Famille. La collecte en ligne associée s’arrête autour de 6,9 millions de FCFA, loin des 30 millions visés, comme nous l’avons détaillé dans notre article sur la cagnotte close pour Michel Bohiri. À la mi-octobre 2026, aucun bilan public de l’utilisation des fonds n’avait été communiqué.
L’affaire des billets : arrestation, procès et condamnation
Le 12 novembre 2024, Stéphane Agbré est interpellé avec deux autres hommes, Fofana Abdoulaye et Akobé Leonel, dit Leonel PCS. Le parquet confirme le lendemain l’arrestation et évoque des soupçons de blanchiment. Devant les enquêteurs, l’influenceur affirme que l’argent appartenait à un jeune parieur qui voulait acheter une voiture.
Il passe un peu plus de trois mois en détention avant de retrouver la liberté le 27 février 2025. Il explique ensuite que ses comptes ont été gelés, sa voiture saisie, ses téléphones et ordinateurs confisqués. « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres », écrit-il en juillet 2025.
Le procès s’ouvre en mars 2026 devant le pôle pénal économique et financier. Le parquet requiert sept ans de prison et 240 millions de FCFA d’amende. En avril, le tribunal l’autorise à se rendre en France entre le 27 avril et le 6 mai pour renouveler son titre de séjour et voir ses enfants. Début juin 2026, le verdict tombe : trois ans de prison ferme et 264 millions de FCFA d’amende pour Apoutchou National, cinq ans pour Leonel PCS, présenté comme le propriétaire des billets. Les deux hommes ressortent libres, sans mandat de dépôt. Leur avocat annonce un recours. Le jugement n’est donc pas définitif.
Lire aussi : Serey Dié et l’affaire Rita Djédjé, ce que l’on sait de sa fortune
Pourquoi son nom revient dans le dossier Rita Djédjé
Une seconde procédure s’ajoute en octobre 2026. Une information judiciaire est ouverte contre la promotrice immobilière Rita Djédjé et plusieurs personnalités, dont Apoutchou National, l’ancien international Geoffroy Serey Dié et d’autres influenceurs. Une soixantaine de plaignants affirment avoir payé des terrains qui n’appartenaient pas à la société mise en cause, pour un préjudice provisoirement estimé à plus de 320 millions de FCFA. Les influenceurs sont soupçonnés d’avoir prêté leur image à ces projets. Placé sous contrôle judiciaire, il reste présumé innocent dans ce dossier.
Musique, coups de gueule et vie de famille
En parallèle, Stéphane Agbré poursuit une carrière de chanteur. Il a annoncé son premier concert pour le 6 janvier 2024 au Palais de la culture de Treichville et évoqué des collaborations avec des artistes nigérians.
Ses sorties lui valent aussi des retours de bâton. En février 2024, il se plaint de ne pas figurer parmi les personnalités décorées après la CAN organisée en Côte d’Ivoire. Le message est supprimé en quelques minutes ; le lendemain, il présente ses excuses et admet : « Je n’ai rien fait pour la CAN. »
Lire aussi : « Chat noir » : Apoutchou National visé par une plainte
Côté privé, il a annoncé son mariage en avril 2024, avec Fabrice Sawegnon comme parrain. Il se dit père de cinq enfants, dont certains vivent en France.
Retrouvez d’autres portraits de personnalités dans notre rubrique actualité du showbiz africain.
Questions fréquentes sur Apoutchou National
Quel est le vrai nom d’Apoutchou National ?
Apoutchou National s’appelle Stéphane Agbré. C’est le fils de l’actrice et productrice ivoirienne Bleu Brigitte.
Quel âge a Apoutchou National ?
Sa date de naissance n’a jamais été rendue publique. Il déclarait avoir 30 ans en 2020, ce qui le placerait autour de 36 ans en 2026.
Pourquoi Apoutchou National a-t-il été arrêté ?
Il a été arrêté le 12 novembre 2024 après une vidéo où il exhibait un sac de billets. Poursuivi pour blanchiment de capitaux, il a été condamné en juin 2026 à trois ans de prison ferme, et sa défense a annoncé un recours.
Qu’est-ce que l’AP Fondation ?
C’est la fondation caritative lancée par l’influenceur à Abidjan en avril 2024. Elle sert de cadre à ses collectes en faveur de personnes en difficulté et à son projet d’orphelinat à Man.
Que fait Apoutchou National aujourd’hui ?
En 2026, il continue d’animer des collectes en ligne et de publier sur les réseaux sociaux. Il reste visé par deux procédures judiciaires : l’affaire de blanchiment, dont le jugement n’est pas définitif, et le dossier foncier Rita Djédjé, où il est sous contrôle judiciaire.